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- 1 – 2 – Dictionnaire « Muratien » … les mots rares … ou d’usage peu courant … les mots oubliés … (2ème partie) …

 

- 1 - 2 - Dictionnaire

 

Extrait de « A la morte fontaine » (Lilith/2003).  

(…)

« A la morte fontaine

Quelle âme de damné« .

(…)

  • Damné : 1- Qui est  condamné aux portes de l’enfer. 2- Que l’on maudit.

L’écrivain Graham GREENE  écrit : « C’est lorsque l’on aime notre péché que nous sommes damnés irrémédiablement ».

BOSSUET  dans le « Sermon du mauvais riche » dit que : « Les riches risquent la damnation éternelle » alors que : « les pauvres ne sont condamnés qu’à la misère terrestre ». 

***

 

 Extrait de « C’est l’âme qu’on nous arrache » (Lilith/2003).

(…)

« Nous ont pris la grive

Nous ont pris le renard.

Et ces cons jour et nuit

Matent les funérailles de ça ».

(…)

  • Matent : Du verbe « mater ». Au sens 1er il s’agit de soumettre, dompter, calmer.

Dans l’argot populaire, ce mot veut dire : « regarder avec concupiscenc ou faire le voyeur ».

C’est la journaliste Françoise GIROUD qui écrit : « Les révoltes qui se manifestent par les armes, on peut les mater. Celles qui naissent et se propagent par l’esprit sont insaisissables ».

Le romancier Chinois Jiang ZILONG dit : « Le malin est celui qui mate un misérable en épousant ses intérêts ».

***

Extrait de « De la coupe aux lèvres » (Lilith/2003).

(…)

« Montagne de sel

De la coupe aux lèvres adieu Jerimadeth« .

(…)

  • Jérimadeth : Il s’agit d’un mot utilisé par Victor-Hugo dans un vers de « Booz endormie ». Il n’existe pas dans la bible et n’est pas connu par ailleurs. Il s’agit d’un mot inventé par HUGO, commençant comme « Jérimoth » et se termine par la forme féminine  »eth«   que l’on retrouve dans Nazareth ou Génézareth par exemple.  Il ne faut rechercher dans ce type de poème aucune exactitude historique.

« Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth

Les astres émaillaient le ciel profond et sombre

Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre

Brillait à l’Occident, et Ruth se demandait ».

« Immobile, ouvrant l’oeil à moitié sous ses voiles,

Quel Dieu, quel moissonneur de l’éternel été

Avait, en s’en allant, négligemment jeté

Cette faucille d’or dans le champ des étoiles ».

Ce mot à consonnance hébraïque est inventé par HUGO  pour rimer avec « demandait » (4ème vers). Dans l’esprit de son auteur il faut lire et comprendre « J’ai rime à dais ». C’est ce qu’on appelle un calembourg qui vient de calembredaine. 

***

Extrait de « De la coupe aux lèvres » (Lilith/2003). 

(…)

« De la coupe aux lèvres en danse de Saint Guy

En peau de vipère que vous étiez jolie ».

(…)

  • Saint Guy : « Danse de St Guy » … maladie qui se manifeste par des mouvements brusques, désordonnés et incontrôlables. Au Moyen Âge, les malades atteints de chorée étaient souvent considérés comme des « possédés par le démon », ils étaient brûlés vifs.

La légende dit que « Vitus » qui exprime « Guy » (en latin), né en Sicile, fut martyrisé à 12 ans dans son pays par le gouverneur Valérien au fait qu’il refusait d’adorer les idoles. Provoquant des guérisons miraculeuses, il fut conduit devant l’Empereur Dioclétien qui le martyrisa jusqu’à la mort. Saint Guy est donc le protecteur des épileptiques et des malades atteints de chorée. St Guy est fêté le 15 juin.

Saint Guy …

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***

Extraits de « De la coupe aux lèvres » (Lilith/2003).

(…)

« De la coupe aux lèvres se réveille Médor

Passe Rasmussen, en frémit le Drap d’Or.

De la coupe aux lèvres en teintes mordorées

De nuit va l’absinthe qui vient nous enivrer.

De la coupe aux lèvres, radis noir ou freux.

Je vois votre sève passer dans vos yeux.

De la coupe aux lèvres, eh félibrige, ivrogne,

Tu veux que je te prête mon peigne, oh … »

(…)

  • Le Drap d’or : Campement établi dans une vaste plaine des Flandres par François 1er entre Ardres et Guines, tenu entre le 7 et le 24 mai 1520. En ce lieu se rencontrent François 1er et Henri 8 roi d’Angleterre. Les fastes que les deux cours y déployèrent sont telles qu’on lui donne le nom « Drap d’Or ».

            Gravure de 1774 … campement du Drap d’Or …

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  • Mordorées : De couleur brun chaud, avec des reflets dorés. Mot du 18ème,  composé de « maure » et de « doré » d’un brun rouge à reflets dorés.

                                        cristal mordoré …

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  •  Absinthe : Spiritueux a base d’absinthe, également appelé « fée verte » ou « bleue ».

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  • Freux : Espèce de corbeau, à bec étroit, affilé.

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  • Félibrige : Est une association qui a pour objectif la sauvegarde, l’illustration et la promotion de la langue et de la culture spécifique des pays d’Oc, par l’intermédiaire de la littérature, du théâtre, de la chanson, du cinéma … Le félibrige s’emploie à faire connaître et reconnaître la culture  d’oc auprès de l’opinion et des pouvoirs publics. Ce groupe a été fondé en 1854 par de jeunes poètes Provençaux dont Frédéric MISTRAL. Ensemble ils avaient pour objectif de restaurer la langue Provençale et d’en codifier l’orthographe.

              Bulletin d’adhésion à l’association …

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***

Extrait de « Elle pleure » (Lilith/2003).

(…)

« Sa vie lui semble

 Etre une vraie folie

Sans queue ni tête.

Tout riquiqui

Elle voudrait

Partir d’ici

Retrouver la longue nuit ».

(…)

  • Riquiqui : Qui est tout petit, minuscule, étriqué. Autre manière d’appréhender ce mot : qui est mesquin, vieillot, sans beauté. Est également employé dans le language populaire pour désigner une eau de vie « un doigt de riquiqui ». MURAT utilise bien évidemment ce mot,  au sens 1er évoqué ci-dessus.

 

 ***

 

 Extrait de « La maladie d’amour » (Lilith/2003).

(…)

C’est licorne qu’on effleure,

Son silence nous fait trembler ».

(…)

  • Effleure : Au sens 1er veut dire frôler, toucher légèrement. Au sens second, il s’agit d’un survol ou d’un examen superficiel.

Jean-Paul SARTRE  écrit : « Le regard effleure nonchalamment un dos nu, une croupe un peu tendue ».

Quant au poète Grec Nicephore VRETTAKOS il a cette citation : « Il n’est pas de rose si blanche que n’effleure à son heure un rien de poussière ».

 

***

Extrait de « La maladie d’amour » (Lilith/2003).

(…)

« Sur le mol lit de fleurs

Où s’échangent nos baisers ».

(…) 

  • Mol : Variante de l’adjectif mou. Le même usage vaut pour l’adjectif « fou » dont on peut dire « fol »

***

 

 Extraits de « C’est la nature du genre » (Lilith/2003).

(…)

« C’est la nature du genre, il faut rêver,

S’enfermer dans sa chambre, s’y coltiner« 

(…)

  • Coltiner : Il s’agit d’un mot « vieux » qui signifie « porter quelque chose de lourd ». Vient de « coltin » soit un large chapeau autrefois utilisé par les « portefaix » ou « coltineurs », leur protégeant la tête le cou ou les épaules.  Pour les hommes forts des halles, porter en s’aidant du coltin, c’est se coltiner. Le « portefaix » est celui qui porte un « faix »soit un « fardeau ».

    Hommes forts des halles portant le « coltin » …

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    Dans la language courant, « coltiner »,  c’est se le « taper » ou se le « farcir ». Il peut s’agir du travail … ou d’une personne désagréable, qu’on n’aime pas …  Il faut donc : « se la farcir … se la coltiner ! ».

***

Extrait de « La nature du genre » (Lilith/2003).

 

(…)

« On sort de sa chambre tout regaillardi« 

(…)

  • Regaillardi : Rendu plus gaillard, plus vif. A pour synonymes : ravigotté, requinqué, vivifié, réconforté.

***

Extrait de « C’est la nature du genre » (Lilith/2003).

(…)

« Se voir dans une glace, défier sa surface et se maudire« .

(…)

  • Maudire : Prononcer une malédiction contre quelqu’un ou haïr. Trouve ses origines dans le latin « maledicere » qui se décompose ainsi : « male » qui signifie (mauvais) et « dicere » (dire).

Le physicien et écrivain allemand Georg Christoph LICHTENBERG  a ces mots : « Maudire c’est prier le diable ».

***

Extrait de « C’est la nature du genre » (Lilith/2003).

(…)

« C’est la nature du genre,  s’en façonner

Un genre de dilettante, hips ! Toi au pied ! ».

« Alors fini grimace, on sort de sa mélasse, on sourit ».

(…)

  • Dilettante : De l’italien « dilettante » qui se délecte. Qualifie une personne qui n’envisage toutes choses que du point de vue du plaisir et de l’esthétique. Si celà est dit de façon préjorative ce qualificatif s’adresse à une personne qui ne témoigne que de peu d’engagement ou de motivation dans les taches qu’il exécute. 
  • Mélasse : Sirop très épais et visqueux constituant un résidu de raffinage du sucre extrait de la canne à sucre. Etait vendu autrefois comme sucre bas de gamme.

1919 Boston … rupture d’un réservoir industriel de mélasse, bilan 21 morts … 

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***

Extrait de « C’est la nature du genre » (Lilith/2003).

(…)

« Vivre en gastéropode, en gentiane, en Poulidor ».

(…)

  • Gastéropode : De la famille des escargots. Vient du grec « gaster » (estomac) et « pous » (pied).

 ***

Extrait de « Le contentement de la Lady » (Lilith/2003).

(…)

« A l’entrefesson de ça,

Va le contentement de la Lady ».

(…)

  • Entrefesson : Endroit du corps humain (homme ou femme) qui correspond au périnée et se situe donc entre l’anus et les parties génitales. Nom masculin du 19ème siècle qui n’est plus d’usage ou si peu.

***

Extrait de « Le contentement de la Lady » (Lilith/2003).

(…)

« Le sang prend les devants

Par le contentement de la lady,

A m’en vermillonner« 

(…)

  • Vermillonner : Enduire de poudre de vermillon. MURAT l’emploie pour qualifier les couleurs virant au rouge vermillon que lui donnent les envies de « la Lady » … Thomas CORNEILLE écrit : « C’est trop, belle bergère, épargnez ma pudeur, où vous allez bientôt vermillonner ma joue ».

Ce terme s’emploie également lorsque l’on fouille la terre pour y rechercher des vers. Eustache DESCHAMPS dans un texte ancien écrit : « En la forêt jadis noble et déserte a le sanglier vermillié la fouchière (fougère) ».

***

Extrait de « Le contentement de la lady » (Lilith/2003).

(…)

« C’est l’approche d’un oued

Que le contentement de la Lady ».

(…)

  • Oued : Désigne une rivière en arabe. S’agit donc d’un cours d’eau d’Afrique du Nord, le plus souvent à sec, et retrouvant vie grâce aux orages. MURAT évoque par ce mot « l »humidité chérie de la Lady » …

***

Extrait de « Le désarmement intérieur » (Lilith/2003).

(…)

« Au risque d’être enceint de ça,

Tu ne rêves que de combat ».

(…)

  • Enceint : Entouré de … par exemple un mur. Il est possible, probable (?) que MURAT  emploie ce mot dans le sens « n’avoir plus ça dans la tête » ou « être obnubilé » …

***

Extrait de « Le désarmement intérieur (Liliti/2003).

(…)

« Te voilà un taureau ailé

Une crampe de Dieu à méditer,

Rouge est la gueule de Cerbère ».

(…)

  • Crampe : Contracture violente, involontaire, passagère, douloureuse, visible et palpable d’un muscle. MURAT parle de « crampe » pour parler d’accomplir l’acte sexuel, coïter, copuler. On dit également : artiller, fauberger, faire une partie de jambes en l’air, fricoter, mener le petit au cirque, tirer un coup, tirer son coup, tremper son biscuit …

Au 18ème siècle, un sexe en érection était affublé en argot du doux nom de « crampe d’amour ».

  • Cerbère : Dans la mythologie Grecque, il s’agit d’un chien gardant l’entrée des enfers. La description courante du cerbère veut qu’il ait trois têtes qui représentent : le passé, le présent et l’avenir. Pour d’autres il s’agit de : la naissance, la jeunesse et la vieillesse. Le philosophe Grec HERACLITE explique que Cerbère était un chien normal qui, bien que massif, était toujours accompagné de ses deux chiots. Les artistes auraient donc inclus ces deux chiots dans leurs travaux, de sorte qu’il soit affublé de deux têtes supplémentaires.

Représentation du cerbère par Willam BLAKE …

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***

Extrait de « Le désarmement intérieur » (Lilith/2003).

(…)

« Alors cramoisie est la matière ? ».

(…)

  • Cramoisie : Rouge foncé éclatant, tirant sur le violet, car combiné avec du bleu, ce qui le rend proche du pourpre. S’emploie pour une personne qui rougit de honte par exemple.

Dans l’ancien temps on disait : « être sot en cramoisi ». Ce qui veut dire être particulièrement sot.

***

Extrait de « Le mou du chat » (Lilith/2003).

(…)

« Sous les grands arbres de l’ennui

Une lubie nous enflamme ».

(…)

  • Lubie : Enthousiasme exubérant pour une activité, une personne ou un objet. Peut désigner également un caprice, une fantaisie, une idée extravagante. On dit « Sa dernière lubie » ou bien « Il lui prend des lubies ».

Le romancier Québécois Marc GENDRON  écrit : « Lubies et fantasmes se faufilent par le chas de l’oisiveté ».

***

Extrait de « Le mou du chat » (Lilith/2003).

(…)

« Voyant tout ce qui nous distingue,

Distingue des autres oiseaux,

Sous les ors de ce bastringue« .

(…)

  • Bastringue : On peut lui donner deux sens : 1- affaires héteroclites, dans ce cas il a pour synomnymes : bazar, attirail, bataclan … ou 2- vacarme avec pour synomnyme tintamare, boucan … MURAT  l’emploie au sens 1er.

***

Extrait de « Le mou du chat » (Lilith/2003).

(…)

« Et me v’la dans toutes ces vapeurs

Tout emberlificoté« .

(…)

  • Emberlificoté : Embringué, empêtré, embrouillé, trompé … « Il s’est laissé emberlificoté par de belles promesses » … Il est tombé dans un piège.

***

Extrait de « Le révolver nommé désir » (Lilith/2003).

(…)

« Mon pauvre Jean-Louis,

Débarrasse-nous de cette gourde« .

(…)

  • Gourde : Du latin « gurdus » que l’on peut traduire en « grossier » ou « idiot ». S’applique à une personne un peu sotte. A pour synonyme : godiche, bête …

Dans « Paroles de détenus »  JP GUENO écrit : « Mon coeur est lourd, mon corps est sourd, mes doigts sont gourds ».

***

Extrait de « Le révolver nommé désir » (Lilith/2003).

(…)

« Laisse tomber elle m’a dit.

Allez ouste« .

(…)

  • Ouste : Il s’agit d’une onomatopée apparue au 19ème siècle, employée pour chasser quelqu’un. Allez : « Du balai ! ».

COURTELINE dans « Les ronds de cuir » en 1893  écrit : « Oust ! Hors d’ici, quittez ce lieu que vous déshonorez de votre ignoble présence ! ».

***

Extrait de « Un révolver nommé désir » (lilith/2003).

(…)

« Amour MADELON,

Pourquoi tu ricanes ?

C’est quoi ton vrai nom ? ».

(…)

  • MADELON : Cette chanson avant de devenir célèbre, a été créée le 19 mars 1913 par le chanteur BACH avant de devenir un chant célèbre et militaire. Les paroles sont de Louis BOUSQUET, elles traitent de la misère sexuelle du soldat, du sentiment de séparation et des remèdes proposés pour y remédier  : le vin et une servante un peu farouche.

Les paroles du refrain se suffisent à elles-mêmes …

« Quand MADELON vient nous servir à boire

Sous la tonnelle on frôle son jupon.

Et chacun lui raconte une histoire

Une histoire à sa façon.

La MADELON pour nous n’est pas sévère,

Quand on lui prend la taille et le menton.

Elle rit, c’est tout ce qu’elle sait faire,

MADELON, MADELON, MADELON ».

Affiche « Quand Madelon » …

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***

Extrait de « Le révolver nommé désir » (Lilith/2003).

(…)

« Tu me files les pétoches,

Redeviens, léger, léger ».

(…)

  • Pétoches : A pour synonymes : trouille ou frousse.

Le cinéaste Michel AUDIARD dit : « Un financier, ça n’a jamais de remords. Même pas de regrets. Tout simplement la pétoche ».

***

Extrait de « Tant la vie demande à mourir » (Lilith/2003).

(…)

« Tant la vie demande à aimer.

Tant de chevreuils, de dahlias

De testostérone pour ça  

 Tant la vie demande à aimer ».

(…)

  • Testostérone : Il s’agit de la principale hormone sexuelle mâle.

La chanteuse Australienne Tina ARENA a dit : « L’humour, pour les femmes, c’est une arme contre la testostérone des hommes ».

 ***

Extrait de « Se mettre aux anges » (Lilith/2003).

(…)

« Car tout est baratin,

Luisant d’humidité »

(…)

  • Baratin : Mot dérivé de l’ancien Français « barater » qui veut dire « tromper ». Il s’agit donc d’un flot de paroles généralement trompeuses, le plus souvent motivées par le désir de convaincre, de duper ou de séduire.

A pour synonymes : baliverne, boniment, faribole, sornette …

***

Extrait de « Se mettre aux anges » (Lilith/2003).

(…)

« C’est la sortie d’un bal

Brillante de cyprine« .

(…)

  • Cyprine : Liquide secrété par les glandes de Bartholin, situées de chaque côté du vagin lorsque la femme est en état d’excitation sexuelle.

***

Extraits de « Qui est cette fille ? » (Lilith/2003).

 

(…)

« Est-elle divine, qui lui a conté

Malheureuse fille, la fausse trame que l’on est ?

Est-elle caline, que dire ce jour

Qu’elle se marie avec l’écorce de l’amour ? ».

(…) 

  • Trame : En histoire, la trame désigne une logique trans-historique. En sociologie le terme englobe le canevas social. Dans les arts et spectacles il s’agit de la part irréductible d’une histoire ou d’une pièce de théatre. Plus largement on peut dire que c’est tout ce qui fait nos vies.    

           Maurice PEZAUD  écrit : « Le bonheur est dans les mille petites choses qui tissent la trame de notre vie quotidienne ».

Le poète Suisse Maurice CHAPPAZ dit : « Notre vie n’est qu’un fil d’or dans une trame qui se décline ».

  • Caline : Vient du verbe « caliner » d’origine normande qui signifie  »se reposer à l’ombre », dérivé de « caline » (chaleur étouffante) et du latin populaire « calere » (être chaud).

Au XVIème siècle « caline » signifie « gueux, mendiant, paresseux ».

De nos jours « caliner » équivaut à caresser quelqu’un, le traiter avec une douceur excessive. Le « calin » est même devenu une « relation sexuelle ».

***

Extrait de « Qui est cette fille ? » (lilith/2003).

(…)

« Quelle douce Justine, quel doux carabin« .

(…)

  • Carabin : Mot vieilli qui signifiait « soldat de cavalerie portant une carabine » et que l’on employait d’ordinaire dans les reconnaissances et escarmouches.

S’est transformé en chirurgien qui ne restait que quelques jours dans un hopital. Est devenu l’étudiant en médecine. On dit également « bréviaire de carabin » pour parler d’un tissu de chansons paillardes.

***

Extraits de « Qui est cette fille ? » (Lilith/2003).

(…)

« Ce sont yeux qui brillent, quenottes de chat,

Salives et soupirs mêlés une première fois,

Un rêve liquide dans une nuit d’été

Tout pour une fille qui se pâme retournée ».

(…)

  • Quenottes : Dents d’enfants ou de petits animaux.
  • Pâme : Tomber en défaillance. Se laisser aller au transport d’une émotion agréable (joie ou admiration).

***

« Extraits de « Lilith » (Lilith/2003).

(…)

« Hello Lilith !

Dans les flocons

Je glougloute

Hello Lilith ! ».

(…)

  • Lilith : Il s’agit der la première femme d’Adam avant Eve. Selon la génèse, la création de la femme se fit en deux temps. Dans le 1er temps, l’homme et la femme sont créés sous l’appellation « Adam » qui signifie aussi « humanité ». Dieu créa l’homme à son image, il les créa « mâle » et « femelle ». Dans le second temps, il lui donna le nom d’Eve qui est conçue à partir d’une côte prise sur le corps d’Adam. EVE est une femme soumise. LILITH  est rebelle. Elle a un fort ascendant sur ADAM et possède un appétit sexuel insatiable. Elle refuse même de voir son corps déformé par la grossesse. Lorsqu’elle fait l’amour elle refuse les positions « classiques » confinant la femme à une « position inférieure ». Elle finit par tromper ADAM avac les « incubes » (démons mâles). AdAM  la chasse donc du paradis terrestre. LILITH devient la préférée de LUCIFER. EVE femme soumise remplace  LILITH.

      Tableau de « Lilith » par Michel ANGE …

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  • Glougloute :  Le dindon glougloute. Faire un bruit de glou-glou tel  le dindon.

 

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 Extrait de « Vaison la Romaine » (Le Moujik et sa femme/2002).

(…)

« Old mobile

Nous lâche pas.

Le carbu cambouis

Ca non merci ».

(…) 

  • Cambouis : Du vieux français« cambois »(XIVème siècle). Il s’agit de la matière grasse avec laquelle on enduisait les essieux des voitures ou charettes. Par extension le mot cambouis concerne les graisses usagées et noiricies dans la mécanique. On dit aussi : « mettre les mains dans le cambouis » qui veut dire « se mettre au travail ».

 

  • Vaison la Romaine : Cité médiévale classée ville d’art et d’histoire. La ville haute est dominée par le chateau des Comtes de Toulouse … où ce qu’il en reste. La ville basse est traversée par l‘Ouvèze et son Pont Romain qui, lors des inondations de septembre 1992  (32 morts) fut le seul à résister au torrent de boue.

 Vaison la Romaine … la ville haute …

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Le pont Romain sur l’Ouvèze …

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Les vieilles rues de Vaison la Romaine …

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La vierge noire de Vaison la Romaine …

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***

Extrait de « Molly » (Le Moujik et sa femme/2002).

(…)

« C’est la même histoire,

Sur son humide parchemin« .

(…)

  • Parchemin : Du latin « pergamena » (peau de Pergame) ou parchemin. D’après PLINE L’ANCIEN le roi de Pergame aurait introduit son emploi à la suite d’une interdiction des exportations de papyrus décrétée par les Egyptiens qui craignaient que la bibliothèque de Pergame ne surpasse  celle d’Alexandrie. Cette peau (de brebis ou de mouton, de couleur claire) est donc préparée pour l’écritre, la peinture ou la reliure. Le 1er emploi date du 2ème siècle avant Jésus Christ. Ce matériau issu du monde animal va donc remplacer peu à peu le papyrus.

                   Parchemin, prêt à l’écriture …

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***

Extrait de « Molly » (Le Moujik et sa femme/2002).

(…)

« Viens vulgaire amour

Que je t’étripe finalement ».

(…)

  • Etripe : Vient d’un mot du 16ème siècle « estripe » soit vider un animal de ses tripes. En sus de « vider » a pour synonyme : « agresser » et « éventrer ». Une expression populaire disait « aller à étripe cheval » ce qui voulait dire  presser un cheval excessivement.

***

Extraits de « Le voyage intérieur » (Le Moujik et sa femme/2002).

(…)

« On voudrait être fourbu

Pour le grand tintouin,

La plongée vers l’inconnu,

Ver le grand rien.

Quittons fissa idéaux,

Quitter tout,

Quitter l’âme et voyager ».

(…)

  • Fourbu : A pour synonyme : harassé, épuisé, claqué, crevé, éreinté, esquinté, exténué … Du vieux français « fors boire » ou « fourboire » qui veut dire « se fatiguer de trop boire » et dans le langage actuel être « déshydraté ». Une citation dit : « Au cheval fourbu, la crinière est un fardeau ». (origine non connue).
  • Fissa : Argot populaire qui veut dire rapidement, vite.  D’origine Arabe est composé de « fi » qui signifie « dans » et « saa » qui s’applique à « heure/moment ». S’emploie souvent avec le verbe « faire ».
  • Tintouin : A deux sens. Le 1er s’applique au « bruit » et l’on parle de  « vacarme » et de « chahut ». Le second au « souci » et l’on sous-entend : « tourment » et « tracas ».  Vient d’un mot vieilli qui signifiait bourdonnement dans les oreilles.

***

Extrait de « L’au-delà » (Le Moujik et sa femme/2002).

(…)

« Je n’ai pas vu le poison

M’arriver au coeur.

Temps des fenaisons,

Temps du taon vengeur.

Toujours une fiole,

Le cul au frais.

Mais, même sous alcool,

J’ai chantonné ».

(…)

  • Fiole : Du latin « fiola », désigne un petit flacon ou bouteille de verre à col étroit. A la campagne, durant les travaux de fenaison ou de moisson, le paysan n’oublie jamais d’emmener sa « fiole » de cidre ou de vin, qu’il dépose à même l’eau fraîche du ruisseau ou à l’ombre des grands arbres. C’est  pour parler de la dive bouteille que MURAT évoque le terme de « fiole » .

En argot ce terme est également utilisé pour parler du visage ou la tête. On dit : « Se payer la fiole de quelqu’un ».

Alphonse DAUDET  a écrit :« Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire : usage externe » comme sur les fioles des pharmacies ! ». 

***

Extraits de « Foule Romaine » (Le Moujik et sa femme/2002).

(…)

« Tes baisers ma mie,

Tes gestes de reine,

Tes orgasmes doux,

Comme on aime. Destines d’animaux 

Et désirs idem,

Bast on s’en fout.,

On s’entraîne.

Dans la foule Romaine,

Il y a foule à Rome … ».

  • Mie : Forme raccourcie et affectueuse de « amie ».
  • Orgasme : Réponse physiologique qui a lieu au maximim de la phase d’excitation sexuelle. Il est souvent synonyme de jouissance extrême. A pour synonyme : extase, plaisir suprême, 7ème ciel …

La phrase ou citation qui suit est celle d’un anonyme. Elle me me plaît beaucoup : « L’éternuement, c’est l’orgasme du pauvre ». 

***

Extrait de « Ceux de Mycènes » (Le Moujik et sa femme/2002).

(…)

« Entends dompteur de cavale,

Génisse au large front.

Allez viens au coutelas,

Que je t’arrache les yeux ».

(…)

  • Coutelas : Grand couteau de cuisine ou sorte d’épée courte.

***

Extrait de « Ceux de Mycènes » (Le Moujik et sa femme/2002).

  • Mycènes : Ce titre nous permet d’aller à la découverte de « Mycènes ». Selon la mythologie Grecque, Mycènes a été fondée par PERSEE suite à la mort accidentelle d’ACRISIOS  roi d’Argos. PERSEE préfère laisser ce royaume au neveu du défunt soit MEGAPENTHES et fonde une cité nouvelle qu’il baptise du nom de MYCENES. Il s’agit là d’une allusion au pommeau de son épée, ou une référence à un champignon trouvé sur place.

                                PERSEE …

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Cette cité donne nom à la civilisation Mycéenne qui se développe à partir de 1700 avant Jésus Christ en Grèce continentale. Elle est située sur une colline au Nord-Est de la plaine d’Argos, dans le Péloponèse. Des fouilles y sont menées à partir de 1822 mettant à jour les richesses de cette civilisation.

Vestiges … Mycènes … porte des lionnes …

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***

(…)

« Mon destin est de batailles,

Aux confins des vallées,

Pour l’amour d’une garce,

A la source des pleurs ».

(…)

  • Confins : Limites d’un pays, d’un territoire. Ce mot est emprunté au latin « confinia » . On dit : « aux confins de la terre ». Hélène OUVRARD  écrivain Québecois écrit : « Un amour est un voyage aux confins de soi-même ».

 

  • Garce :Fille ou femme débauchée ou alors méchante et désagréable. On entend dire « garce de vie » pour « chienne de vie ».

Le romancier Gilbert CESBRON écrit : « Garçon a deux féminins : fille et garce ».

L’écrivain Luxembourgeoix Claude FRISONT a ces mots : « Entre une grâce et une garce, il n’y a qu’une lettre de déplacée, le plus souvent, une lettre de rupture ».

***

Extrait de « Baby Carni Bird » (Le Moujik et sa femme/2002).

(…)

« Si tu veux bien vivre dans une poubelle

Y te refont une bite en or ».

(…) 

  • Bite : De l’ancien français « abiter » qui veut dire « s’approcher » ou « toucher à ». Dans le language  actuel désigne le pénis, la verge.

***

Extrait de « Baby Carni Bird » (Le Moujik et sa femme/2002).

(…)

« Mais v’la qu’un autre mariole

Me dit hé mon gars

Tu te remember bien Trafalgar ».

(…)

  • Mariole : Cet adjectif s’applique à une personne délurée, astucieuse ou habile. Lorsque l’on dit « faire le mariole » celà signifie « faire son intéressant ».

Ce mot est né en France au 16ème siècle. L’origine première est Italienne. le « mariolo » désignait au sens propre un « escroc » et au sens figuré « quelqu’un de rusé ». C’est d’ailleurs dans le sens de « filou » qu’il apparaît en France. On suppose que le mot est dérivé de « Maria » la vierge Marie, en lien avec les gens qui feignent la dévotion et cherchent donc à tromper leur monde. Une seconde hypothèse vient de l’ancien français du 13ème ou « mariole »  se rapportait à  une  « petite image de la vierge Marie » et servait à désigner une personne versatile. Une dernière version attribue ce mot au soldat Napoléonien Dominique Gaye MARIOLE surnommé « l’indomptable » de par sa taille et ses excentricités.

***

 

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Extrait de « Au Mont Sans Souci » (Mustango/1999).

(…)

« Les filles de Cadet Rousselle

Pendant ce répit

Venaient pour une heure à peine

Voir les gars du pays ».

(…)

  • Cadet Rousselle : Né le 30 avril 1743 à Orgelet, il décède le 28 janvier 1807 à Auxerre.  Huissier dans cette même ville, il bénéficie d’une très bonne réputation.  Il est jovial, bon vivant et excentrique. Pas courant pour qui exerce ce métier. Il se marie à Jeanne SERPILLON de 16 ans son aîné. La dot de son épouse lui permet d’acheter sa « charge ». Veuf en 1803, il se remarie presqu’aussi tôt avec la nièce de la défunte.  Ces deux mariages lui donneront une certaine aisance financière. D’où cette chanson …

« Cadet Rousselle à trois maisons

Qui n’ont ni poutres ni chevrons.

C’est pour loger les hirondelles

Que direz-vous d’Cadet Rousselle ?

Ah, ah, ah, oui vraiment

Cadet Rousselle est bon enfant ! ».

(…)

Le p’tit BERGHEAU a du fredonner cet air avec les enfants du centre de vacances qu’il fréquentait à l’époque … Ce centre de vancances était situé non loin de la ferme des grands-parents … mais ces quelques kilomètres sont un dépaysement complet pour l’enfant de la campagne … c’est la première vraie ouverture sur un autre monde … 

La statue de Cadet Rousselle en ville d’Auxerre …

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***

Extrait de « Au Mont Sans Souci » (Mustango/1999).

« J’en pinçais pour une infirmière

Une brune plutôt jolie,

Je suivais comme Davy CROCKETT

Son large parapluie ».

(…)

  • Davy CROCKETT : Soldat, trappeur et homme politique des Etats-Unis d’Amérique, défenseur de Fort Alamo où il trouve la mort. Il devient un héros populaire. A partir de 1954 plusieurs films vantent le courage de Davy CROCKETT. Au début des années 60 ces films font leur apparition dans les salles de cinéma de nos pays de campagne. Il est plus que probable que le p’tit BERGHEAUD ait vu l’un de ces films … ce qui l’aura marqué de façon indélibile. 

Davy Crockett roi des trappeurs (1955) …

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***

Extrait de « Au Mont Sans Souci » (Mustango/1999).

(…)

« Le temps est long qui nous ramène

Les filles avec l’été

Quand l’éclat mauve délétère

N’éclaire plus nos vies ».

(…)

  • Délétère : Au sens 1er : toxique, dangereux pour la santé. Au sens second : nuisible et néfaste.

La phrase qui suit est de François MITTERRAND  : « Comme d’autres le cannabis, on cultive chez nous le vague à l’âme, petite drogue douce et délétère ».  Voilà qui recoupe parfaitement le sens que MURAT  donne à ce mot.

 

***

Extrait de « Belgrade » (Mustango/1999).

(…)

« Ballerine à Lausanne

« A l’aise dans le dédale« .

(…)

  • Dédale : Au sens 1er ce mot désigne un labyrinthe. Au sens second il s’agit d’un ensemble confus et complexe où il est difficile de se repérer. On parle de dédale des services administratifs.

MURAT  aime l’histoire. Il y a donc tout lieu de penser qu’il fait également référence à ce personnage de la mythologie   Grecque je veux parler de DEDALE. Un architecte qui construisit en Crète le labyrinthe qui servit à emprisonner le minotaure. DEDALE  eu pour fils ICARE. Il lui fabriqua des ailes de cire et de plumes. Se laissant griser par l’altitude ICARE  se brûla les ailes et sombra dans l’océan … Le mot « dédale » en Grec est un adjectif qui signfie « astucieux personnage ».

                                      Dédale et Icare …

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***

 Extrait de « Belgrade » (Mustango/1999).

(…)

« Tous les Nagras, les pixels,

No use dans ce bordel ».

(…)

  • Nagras : Il s’agit d’un enregistreur inventé par le Polonais Kudelski Stephan. En Polonais « nagras » veut dire :  « va enregistrer ». 

***

Extrait de « Belgrade » (Mustango/1999).

(…)

« Il écrase sa gitane

Ane bâté, vieil âne ».

(…)

  • Bâté : Désigne un individu stupide ou ignorant. A pour synonyme : lourdaud.

***

Extrait de « Belgrade » (Mustango/1999).

(…)

« Ou tu me termines au Phidias

Dehors comme en chasse ».

(…)

  • Phidias : Il s’agit d’un sculpteur Grec qui a vécu environ 440 ans avant Jésus Christ.

Sculpture de Phydias commandée par Périclès …

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Voilà pour l’histoire ou la mythologie si présente dans les chansons et la poésie de MURAT. Mais nous sommes loin de la réalité puisque « Phidias » désigne rien moin qu’une discothèque symbole des années 90 à Clermont Ferrand.  D’ou l’expression « Terminer au Phidias » employée par MURAT …

Une vue de la discothèque …

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Autre vue … nid d’aigle au dessus d’Orcines …

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Pour atteindre l’endroit, il fallait slalommer dans les virages de « La Baraque » et rejoindre Orcines sous l’oeil bienveillant du Puy de Dôme …

Serge Boudu …

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… Le patron de l’endroit  dont la réputation du « savoir recevoir » avait dépassé les limites du département. Si bien que la jet set en vacances dans le coin aimait à se retrouver chez Serge … Patrick JUVET , Patrick HERNANDEZ, Alain CHABAT pour ne citer qu’eux ont fréqenté cet établissement …

Bon pour une boisson gratuite …

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Le « Phidias » n’est plus … détruit par des pelleteuses en octobre 2009 et remplacé par un lotissement. Nostalgie quand tu nous tiens !

***

 Extrait de Jim » (Mustango/1999).

(…)

« Mais qu’est-ce que font les Dieux

Sure ce carrousel

D’orgueil et de feu

Où on vit ? ».

(…) 

  • Carrousel : Désigne un manège de forme circulaire. 

***

Extrait de « Le fier amant de la terre » (Mustango/1999).

(…)

« Je suis un étranger dans tes wagons d’amour,

Volage, j’attendrai patiemment mon tour.

Sur des révolutions qui n’éclateront pas

J’ai bâti ma raison, oui méfie-toi de moi ».

(…)

  • Volage : Désigne une personne aux sentiments amoureux instables et inconstants. A pour synonyme « coureur de jupons » et « infidèle ».

Raymond QUENEAU dans« Le vol d’Icare » écrit : « Les hommes sont volages. Bien folle qui s’y fie ».

***

 Extrait de « Les gonzesses et les pédés » (Mustango/1999).

 

(…)

« Brasser des idées

Nous paraissait bien futile,

Toute idée inutile,

Avant ».

(…)

  • Futile : Qui est frivole, dépourvu d’intérêt. A pour synonyme : anodin, insignifiant, inutile, oiseux, puéril, superficiel …

Vladimir NABOKOV  a écrit : « L’imagination n’est fertile que lorsqu’elle est futile ». Quant à Roger MARTIN DU GARD il souligne :   »Les questions sont d’autant plus débattues qu’elles sont plus futiles ».

***

  Extrait de « Les hérons » (Mustango/1999).

(…)

« Le vent de Foehn et de Lombarde

Viendra déposer

Je lecrains

Son blanc manteau »

(…)

  • Foehn : Il s’agit d’un vent fort, sec et chaud, dû à l’affaiblissement de l’air après le passage d’un relief soufflant notamment dans les vallées Autrichiennes et Suisses au Nord des crêtes Alpines (région du Lac Léman notamment). Le mot « foehn » vient de l’allemand « föhn » qui trouve son origine dans les Alpes. Ce mot germanique vient du latin « favonius » qui veut dire « vent doux ». Le foehn dans son sens le plus strict est un vent de la région des Alpes.

Le vent est un déplacement d’air au sein de l’atmosphère.

  • Lombarde : Vent du Sud-Est (venant de Lombardie) que l’on retrouve en Savoie.

***

Extrait de « Les hérons » (Mustango/1999).

(…)

« Le vent d’Ecir sur la Limagne

A abattu tous les hérons ».

(…)

  • Ecir : Nom nom donné dans les montagnes du Puy de Dôme aux rafales de vent.  Les écirs de neige sont très dangereux, car ils amoncellent en un court laps de temps des masses énormes de neige. Le dictionnaire « Littré » qualifie ainsi le mot « écir » : « vent violent et froid du nord au nord ouest qui souffle en tempête et soulève la neige en tourbillons ».
  • Limagne : En Occitan se dit « limanha » soit une grande plaine de l’Auvergne située autour de la vallée de l’Allier à l’est de Clermont-Ferrand dans le Puy de DÔme.

La Limagne en rose …

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Dans ce périmètre on trouve les villes de Riom, Usson, Brioude et Issoire notamment …

La cathédrale St Julien à Brioude …

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L’abbatiale St Austremoine à Issoire …

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Belle Auvergne que voilà …

***

Extrait de « Les hérons » (Mustango/1999).

 

(…)

« Que dans les ronces vers La Sagne

Où se retirent les hérons,

En larmes bleues

D’un bleu final

Savent mourir

Les compagnons ».

(…)

  • La Sagne : Commune Suisse du canton de Neuchâtel.

Vue de La Sagne …

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***

Extrait de « Mustang » (Mustango/1999).

« Des quasars des prairies

Un vent solaire sur les hanches ».

(…)

  • Quasars : Les quasars sont des sources hautement énergétiques situées dans le coeur des galaxies lointaines.  Quasar signifie « quasi stellar » car cet objet ressemble à une étoile sans en être pour autant. Très brillants, ils sont de faible dimension.

Quasars …

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***

Extrait de « Mustang » (Mustango/1999).

(…)

« Au Mustang interdit

Entre Vénus et Circé

L’air se fige au début ».

(…)

  • Circé : Le nom grec signifie « oiseau de proie ». Personnage de la mythologie, il s’agit de la fille d’Hélios (le soleil) et de l’Océan de Perseis. Elle est douée de pouvoirs extraordinaires, capable de faire descendre des étoiles du ciel. Elle excelle également dans la préparation de poisons et breuvages qui lui permettent de transformer les hommes en animaux.

La belle Circé (au centre) …

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***

Extrait de « Mustang » (Mustango/1999).

(…)

« Dans le grand véhicule

Buriné par les chevaux

En lotus sur la lune

Revêtu du grand manteau ».

(…)

  • Buriné : Creusé par les rides pour un visage. Gravé à l’aide d’un burin.

***

Extrait de « Mustang » (Mustango/1999).

(…)

« Résédas mes amis

Sur papyrus chantés

Empoignez mon désir

Pour Anubis travaillez

Prenez pouls sur ma cuisse

Amie de proximité ».

(…)

  • Résédas : Plantes herbacées. Vient du latin « resedane » qui veut dire « calme » en référence aux propriétés médcinales attribuées à certaines espèces.

Espèce de réséda …

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  • Anubis : Nom grec d’un Dieu de la mythologie Egyptienne qui se nomme « inpon » ou « anepon » celui qui a la tête d’un chacal ou chien sauvage. Il accompagnait les morts dans l’autre monde et protégeait leurs tombes. Anubis est le Dieu des morts. Son rôle était de veiller à l’embaumement et à l’accompagnement des morts vers le royaume éternel.

Anubis …

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***

 Extrait de « Nu dans la crevasse » (Mustango/1999).

(…)

« Sur l’autre versant

Bruits de crinoline

Passent lmes cabines

Volent les passants ».

(…)

  • Crinoline : Constitue un sous-vêtement du 19ème siècle. A l’origine, la crinoline est une étoffe formée d’une trame de crin de cheval d’où elle tire son nom et d’une chaîne de fil de lin ou parfois de coton qui en fait un tissu épais et résistant permettant, quand il est transformé en jupon, de supporter le poids de la jupe et de lui donner de l’ampleur. Puis, ce terme désigne les structures métalliques plus solides et amples qui sont l’évolution de ces jupons rigides.

séquence pose d’une crinoline …

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***

Extrait de « Nu dans la crevasse » (Mustango/1999).

(…)

« Je suis étranger

Cette pluie qui cingle

Sur ma carlingue ».

(…)

  • Cingle : Lorsqu’il s’agit du verbe, signifie : frapper avec un objet mince et flexible. 

 ***

Extrait de « Nu dans la crevasse » (Mustango/1999).

(…)

« J’ai perdu la trace

Perdu le sentier

Qui voudrait en gage

L’alliance écarlate

D’un preux chevalier ».

(…)

  • Preux : Signifie vaillant ou brave.

***

Extrait de « Nu dans la crevasse » (Mustango/1999).

(…)

« Un molosse jappe,

C’est le laitier qui passe

Il n’a rien à dire ».

(…)

  • Jappe : Aboyer ou glapir lorsqu’il s’agit d’un animal.

Produire un bruit qui provoque un aboiement aigu. Parler fort, s’emporter contre quelqu’un ou quelque chose lorsqu’il s’agit d’un humain.

Une photo vaut mieux qu’un long discours …

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***

Extrait de « Polly Jean » (Mustango/1999).

(…)

« Elle embrasa

Comme fastoche

Toutes nos haies de lilas ».

(…)

  • Fastoche : Mot familier qui veut dire « facile ».

***

Extrait de « Polly Jean » (Mustango/1999).

(…)

« Sur les mâts de misaine

Les marins vous diront

Que la galure de la reine

N’existe qu’en chansons ».

(…)

  • Misaine : Le mât de misaine désigne le mât placé à l’avant entre le grand et le beaupré.

Au Moyen Âge, en Italie « mizzana » désignait la voile du mât du milieu, alors que « artimone » nommait la grand voile.

  • Galure : Chapeau.

A la fin du 13ème siècle le mot « galeron » était un chapeau de fauconnier. En 1866 le « galurin » constituait un chapeau haut de forme. En 1881 le terme « galure » emprunte au latin « galerus » qui désigne un bonnet de fourrure.

***

Extrait de « Viva Calexico » (Mustango/1999).

(…)

« Je ne voyais plus dans la culbute

Aimer

Mais qui peut sans façon être sur ? ».

(…) 

  • Culbute : Consiste en une chute brutale à la renverse, ou d’un saut où l’on roule sur le dos en passant les pieds par dessus la tête.

Pour MURAT ce terme a plus à  voir, pour ne pas dire tout,  avec une position décrite dans le « kamasutra ». En effet, « culbuter » une femme dans le langage familier, c’est la renverser pour lui faire l’amour. La posture de la culbute décrite au kamasutra est particulièrement physique !

Vous avez dit …physique ???

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***

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Extrait de « A quoi tu rêves ? » (Dolorès/1996).

(…)

« La question obsède tous les amoureux,

Mais de qui suis-je amoureux ?

D’une hirondelle ou d’un hérisson vieux,

Chantent tous les amoureux ».

(…)

  • Obsède : Tourmenter de manière incessante. S’imposer sans répit à l’esprit, à la pensée, à l’inconscient. Un « obsédé » est une espèce de maniaque, qui ne pense qu’à une seule chose, en fait une idée fixe. Il en va ainsi de l’obsédé « sexuel ».

La citation qui suit, oeuvre d’un anonyme correspond parfaitement à cette définition : « La jalousie est à coup sur le plus fort agent de dépravation par les images dont elle obsède l’esprit ».

***

Extrait de « Aimer » (Dolorès/1996).

(…)

« Il faut aimer

S’évader troubler la ronde

Choyer l’âme vagabonde ».

(…)

  • Choyer : Entourer de tendresse et d’attention. A pour synonymes : bichonner, caliner, cajoler,, chouchouter, couvrir, dorloter … 

Au 13ème siècle on employait le mot « chuer » transformé au 14ème siècle en « chouer ». L’origine exacte n’est pas connue, il semble qu’elle soit onomatopéique.

Le philosophe Roumain Michel CIORAN a écrit : « Choyé par la malchance ».

MOLIERE a ces mots : « Il le choie, il l’embrasse, et pour une maîtresse on ne saurait, je pense, avoir plus de tendresse ».

Jean-Jacques ROUSSEAU ern parle en ces termes : « De peur de voir finir mon argent, je le choie ».

Jean DE LA FONTAINE pour n’être pas en reste écrit : « Je t’ai toujours choyé, t’aimant comme mes yeux ».

***

Extrait de « Aimer » (Dolorès/1999).

(…)

« As-tu aimé,

Nue sous les lambris du monde

La cariatide blonde ? ».

(…)

  • Cariatide : Il s’agit d’une statue de femme, souvent vêtue d’une longue tunique, servant à supporter une corniche. Il peut s’agir d’un homme également.

Fontaine Wallace à Montmartre … 

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***

Extrait de « Brûle » (Dolorès/1996).

« Ton babil de nourrisson

Et tes lèvres obstinées

Me font heureux avec toi

Prêt à faire n’importe quoi au fond ».

(…)

  • Babil : Pour MURAT  ce mot désigne le « bavardage enfantin ». Il peut s’agir également de l’abondance de paroles inutiles. dans ce cas on dit : « N’avoir que du babil », ce qui sous-entend : ne dire que des choses futiles, dénuées de sens.

L’écrivain Gabriel DELAUNAY  a écrit : « J’ai toujours remarqué que les gens faux sont sobres, et la grande réserve de la table annonce assez souvent des moeurs feintes et des âmes doubles.  Un homme franc craint moins ce babil affectueux et xes tendres épanchements qui précèdent l’ivresse ».

***

Extrait de « Brûle » (Dolorès/1996).

(…)

« L’amour supérieur ce nectar dont

Tu es bien la fleur ».

(…)

« Dans ce paysage où rien ne bouge

Où l’amour est ailleurs,

Plus de nectar, j’ai ressenti la fleur ».

(…)

  • Nectar : En botanique, le nectar est un liquide sucré secrété par les plantes et butiné par les insectes ou certains oiseaux (colibris).

                                   collecte de nectar par une abeille …

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Les abeilles collectent du nectar sur les fleurs. Au retour à la ruche,  les butineuses remettent leur nectar aux « ouvrières » d’intérieur.

Dans la mythologie gréco-romaine, le nectar désigne le breuvage des Dieux

Dans notre alimentation il s’agit d’un jus de fruit ou d’une purée de fruits.

Un proverbe Indien dit : « On accepte une coupe de poison de celui qui vous a offert cent coupes de nectar ».

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 Extraits de « Dieu n’a pas trouvé mieux » (Dolorès/1996).

(…)

« Mieux que de trouver le sommeil

Que son paravent soyeux

Que le vertige en Mercédès

Dans la matrice des cieux

Mieux que le tison, que l‘araire

De l’imbécile heureux,que toi pour me laisser en reste

Non, Dieu n’a pas trouvé mieux ».

(…)

  • Soyeux : Qui est doux au toucher comme la soie.

Hélène SHERMAN (femme de lettre américaine) évoquant le chocolat écrit : « Le chocolat est divin, moëlleux, sensuel, profond, noir, somptueux, gratifiant, puissant, dense, crémeux, séducteur, suggestif, riche, excessif, soyeux, doux, luxueux, céleste … ». 

  • Tison : Reste d’une bûche, d’un morceau de bois dont une partie a été consumée.

Un proverbe dit : « Noël au balcon, Pâques au tison ».

  • Araire : Du latin « aratrum » soit un instrument du 4ème millénaire avant Jésus Christ, tracté par un animal, il scarifie le sol. Initialement, il est constitué d’une seule pièce de bois.

Araire en Egypte …

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Araire au Moyen Âge …

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Araire vers 1895 …

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Araire … aujourd’hui …

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***

Extrait de « Fort Alamo » (Dolorès/1996).

(…)

« Je me laisse défaire

De tous mes oripeaux ».

(…) 

  • Oripeaux : Au 12ème siècle on disait « oripel« , au 16ème le mot s’est transformé en « ouripeau » se composant de « ori » qui veut dire « doré » et de     « peau ».

Le mot désigne initialement une mince lame de cuivre, polie et brillante qui a l’éclat de l’or.

Il s’agit également d’étoffes brillantes qui attirent l’oeil.

Plus généralement, dans le langage actuel, ce terme s’applique a de vieux vêtements usés. C’est en ce sens que MURAT  l’emploie.

Au figuré, se dit de ce qui brille d’un faux éclat et présente une vaine apparence.

Pierrette FLEUTIAUX  dans son roman « Des amants imparfaits » écrit : « Aimer quelqu’un, est-ce être capable de le voir nu quel que soient les oripeaux extérieurs ? Etre de son côté simplement ? ».  

***

 

Extrait de « Fort Alamo » (Dolorès/1996).

(…)

« Je te jure que je m’en fous

Le plaisir vorace

Dans l’impasse et alors ».

(…)

  • Vorace : Qui mange avec avidité. A pour synonyme : glouton, boulimique …

Honoré DE BALZAC écrit : « Un grand amour est un crédit ouvert à une puissance si vorace, que le moment de la faillite arrive toujours ».

***

Extrait de « Fort Alamo » (Dolorès/1996).

(…)

« Voilà donc la disgtrâce

Où sont donc les chevaux

Mon ami Pégase

Et la belle Ozo ? ».

(…)

  • Pégase : Cheval ailé, divin, né du sang de Méduse, le plus souvent représenté en blanc.

Symbole de sagesse et de renommée du Moyen Âge jusqu’à la Renaissance, il devient celui de la poésie et le créateur des sources dans lesquelles les poètes vont chercher leur inspiration.

Dessin de Pégase par Odilon REDON  (1900) …

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  • Ozo : Jument de course née en 1958 qui a remporté le « Prix d’Amérique » en 1963 et 1965. Championne fabuleuse et déconcertante en raison de ses frasque en et hors les courses. Elle meurt à lâge de 8 ans sans laisser de descendance.

La belle « Ozo » …

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Sur le lien ci-dessous des images du crack « Ozo » …

 http://www.ina.fr/sport/autres-sports/video/AFE86000178/ozo-enleve-le-grand-prix-d-amerique.fr.html

Je sais que Jean-Louis BERGHEAUD adore les chevaux, ceux des prés, ceux de labours. J’ignore s’il a fréquenté les champs de course. Peut-être durant sa période « Parisienne » ???   Dans les années 60 « Ozo » était une idole au même titre qu’Hallyday …

***

Extrait de « Le baiser » (Dolorès/1996).

(…)

« Nacrée ou lilas

Viens aiguiser sur moi

Ta beauté ».

(…)

  • Nacrée : Irisé, d’aspect blanc et brillant comme la nacre.

Dans le symbolisme, la nacre évoque des vertus maternelles, féminines et protectrices. Elle est utilisée pour recouvrir l’âme d’un voile tendre qui adoucit les aspérités de la personalité. Elle est sensée également prémunir de certaines difficultés de l’existence et des blessures de coeur.

***

 

 Extrait de « Le môme éternel » (Dolorès/1996).

(…)

« Oh ! Pourquoi m’as-tu fait Dieu

Ce môme éternel ? ».

(…)

  • Môme : Désigne un enfant. A pour synonyme : moutard, gosse, marmot, mioche … Par « jolie môme » on parle d’une jeune et jolie femme.

***

Extrait de « Le train bleu » (Dolorès/1996).

(…)

« Je reconnais ton silence radio

Ce silence des reines et des bourreaux« .

(…)

  • Bourreaux : Celui qui est chargé d’exécuter les décisions de justice, quand elles consistent en des peines corporelles dont la peine suprême, celle de la mort.

En France, du Moyen Âge à l’Ancien Régime,  chaque province, chaque baillage, voire chaque ville, disposait dun exécuteur des basses et hautes besognes, que l’on appelait le « bourreau ».  Dans les régions de l’Est, le bourreau est souvent issu des métiers qui ont rapport avec la mort (équarisseur, tanneur, bourrelier, fossoyeur, croque-mort …). Il était surnommé le « riffleur ». Au Sud de la loire le bourreau est le plus souvent occasionnel et surnommé le « bingre ». Devant le manque de volontaires il était souvent fait appel à d’anciens criminels que les magistrats sortaient de prison pour leur éviter la corde ou les galères. En Ile de France, le bourreau était au service du roi. Il était officier du roi et transmettait sa charge à ses enfants. En plus des exécutions, le bourreau était chargé des persécutions préalables. Il était détesté de la population et vivait reclus, à l’écart des honnêtes gens. On refusait ses enfants dans les écoles. En ville le pain du bourreau était posé sur l’étal, à l’envers et personne n’y touchait …

A partir de 1791 il n’y a plus qu’un exécuteur par département. le dernier bourreau en France (exécuteur en chef) a vu son contrat rompu en 1981, date de l’abolition de la peine de mort.

Exécution sur la place publique en 1617 …

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***

Extrait de « Le train bleu » (Dolorès/1996).

(…)

« Quand dans un vol d’oies sauvages

Sur les étangs s’élève

Mon coeur épris de voyages … ».

  • Epris : Pris de passion pour quelqu’un ou quelque chose. Pris d’amour pour … Avide de liberté …

Le dramaturge Anglais Robert BOLT  écrit : « Tous les artistes sont des menteurs épris de liberté ».

***

Extrait de « Margot » (Dolorès/1996).

(…)

« Chht, chhht, pas de bruit

Sur la mort de jean-Louis

Presque rien

Sur ses vertus d’Arlequin« .

(…)

  • Arlequin : Ce personnage de la commedia dell’Arte (manifestation théâtrale Italienne) est né  au 16ème siècle dans la ville de Bergame, dans le province de Milan (Lombardie). Généralement vêtu d’un habit rapiécé de losanges multicolores, d’un masque noir au nez retroussé et d’un bâton, Arlequin est à l’origine un valet bouffon, malin et espiègle qui au fil du temps a évolué et est devenu le valet sympathique, rusé, gourmand, sensible et paresseux. Son costume était à l’origine celui de tous les valets de comédie : blanc. Son costume devenu usé et rapé, il fallait coudre des morceaux d’étoffe pour cacher les trous. Aussi, peu à peu, le costume d’Arlequin s’est vu orner de losanges, rouges, jaunes, bleus et verts. Arlequin enfant, gardait des vaches, d’où son bâton devenu la batte d’Arlequin. Il porte également des chaussures plates, légères qui lui permettent d’accomplir toutes sortes de pirouettes et d’acrobaties. Dormir, c’est ce que préfère faire Arlequin. 

Bel Arlequin …

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***

Extrait de « Perce-neige » (Dolorès/1996).

« Ce jour, mon coeur se mit à saigner

Comme le lapin de garenne,

Qu’il nous fallut un jour égorger

Pour sacrifier à la haine ».

(…)

  • Garenne : Espace boisé ou herbeux où vivent des lapins sauvages.

A l’origine la « garenne » est un espace réservé à certaines espèces de gibier et une aire où ces mêmes animaux peuvent trouver pâture. Le seigneur s’y réserve le droit de chasse, on parle de « ban » de garenne. La croissance démographique et le besoin de terres mettent un frein au développement des garennes. A partir de 1355 des ordonnances interdisent même d’accroitre ces surfaces. Le droit de garenne été aboli dans la nuit du 4 août 1789.

***

Extrait de « Perce-neige » (Dolorès/1996).

(…)

« Même si les frimas épargnent les blés,

Jamais ne cessera ma peine ».

(…)

  • Frimas : Brouillard froid qui devient de la glace en tombant. Ce mot trouve son origine dans le terme vieux Français « frime » qui veut dire gelée blanche.

Frimas Auvergnat …

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***

Extrait de « Perce-neige » (Dolorès/1996).

(…)

« Alors de la Godivelle à Compains

On me jure que c’est sortilège

Que si Belzébuth habite mes reins

Je peux dire adieu à perce-neige ».

(…)

  • Sortilège : Artifice d’un sorcier ou d’un magicien. 

Du latin « sortilegus » (devin) via le latin médiéval « sortilegium » (tirage au sort).  Sortilège c’est également jeter un sort. Au figuré c’est ce qui envoûte l’âme ou l’esprit par exemple l’inquiétude.

Pour finir cette citation de l’écrivain Britannique Israël ZANGWILL : « Le seul amour véritable est le coup de foudre; le second regard rompt le sortilège ». 

  • Belzébuth : En enfer, second après « Satan » qu’il détrônera  un jour. La légende nous le décrit comme étant de taille prodigieuse, assis sur un trône immense. On le représente avec un visage bouffi, de grosses narines, deux cornes de bouc sur le front ceint d’un bandeau de feu, la poitrine gonflée bardée de deux ailes de chauve-souris, deux pattes de canard, une queue de lion. Il a le corps noir, recouvert  de la tête aux pieds de longs poils hirsutes.

Le nom de Belzébuth apparaît dans le nouveau testament où il est présenté comme étant le chef des démons. Il est cité dans deux épisodes de la vie du Christ.  Dans le message apostolique Jésus met en garde contre ces maisons dont le maître serait Belzébuth. Dans la guérison d’un démoniaque sourd et muet, Jésus ayant guéri un jour de Sabbah, il subit la vindicte des docteurs de la loi Juive qui l’accusent d’être possédé par « Beelzéboul »

Belzébuth … prince des démons  …

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 ***

Extrait de « Perce-neige » (Dolorès/1996).

(…)

« Si un jour béni qu’à Dieu ne plaise,

Devait voir cesser nos misères,

Votre Assomption adorée,

Nous aura plongés en enfer ».

(…)

  • Assomption : La fête de l’Assomption se déroule le 15 août. Dogme de l’église romaine catholique, selon lequel, au terme de sa vie sur la terre, la mère de Jésus, MARIE,  a été élevée au ciel … De dogme, cette vérité imposée est devenue une croyance …

Assomption par Michel SITTOW 

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***

 

Extrait de « Saint Amant » (Dolorès/1996).

(…)

« Vois comment Fangio s’est rangé des voitures

A Tamburello

Alors misère, prions Saint Amant« 

(…)

  • Tumbarello : Estun virage qui fait partie du circuit « Enzo » et « Dino FERRARRI » à IMOLA. Il s’agit du 1er virage situé après  la ligne de départ. C’est à cet endroit que le champion Ayrton SENNA  a trouvé la mort le 1er mai 1994.
  • Saint Amant : Appelé ainsi parce qu’il aimait les gens.

***

 La suite …

http://didierlebras2.unblog.fr/1-ter-dictionnaire-muratien-les-mots-rares-ou-dusage-peu-courant-les-mots-oublies-3eme-partie/

 

 

Commentaires

  1. Muse dit :

    Joli travail, Didier. Très pédagogique. J’espère que tu as pu trouver des compléments d’infos sur les mots de patois du Voleur de Rhubarbe via les liens que je t’ai donnés.
    Au plaisir de te lire.
    Bises
    Muse

  2. didierlebras dit :

    Salut Muse,
    j’avais trouyvé ce lien, mais je n’avais pas réussi à me dépatouiller dans les dédales du site. Encore une fois merci.
    Bises.
    Didier.

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

  3. Frédéric Mistral, 100 ans dit :

    « melasse » : de l’occitan « mèl », diphtongué généralement en « mèu », soit « le miel » (« la mèu », féminin en occitan) et du suffixe augmentatif et péjoratif « -asse » (orthographié « assa » en graphie « Alibertine » Occitane). Donc, la mélasse, « le mauvais miel ».

    « Parchemin » : de l’occitan « pergamin », du latin « pergamena »

  4. didierlebras dit :

    Cher Monsieur,
    merci de votre intérêt et des précisions données. Pour ce qui me concerne je n’ai aucune prétention … ne suis qu’un fils de paysan passionné par les mots de Jean-Louis MURAT. Attristé de voir le Français, la langue de notre Pays, s’en aller à veau l’eau … Merci de faire connaître ce Blog à vos amis …

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