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- 1 – 1 – Dictionnaire « Muratien » … Les mots rares … ou d’usage peu courant … les mots oubliés …

- 1 - 1 -  Dictionnaire  

Extrait de « Qu’est-ce que ça veut dire ? » (Grand lièvre/2011).

 (…)

« Si ma terre est nostalgique

Et si le ciel est boueux

Que vaut l’éclat d’un regard

Qu’est-ce que tomber amoureux ?

(…)

  •  Nostalgique : La nostalgie est la souffrance causée par le regret obsédant d’une chose ou d’un être disparus. C’est avoir le mal du pays par exemple. C’est avoir le regret d’un genre de vie qu’on ne peut plus mener, d’un passé qui ne reviendra plus. Être nostalgique du temps qui passe … de ses 20 ans … d’un premier amour. Au titre des synonymes on trouve : cafard, chagrin, deuil, dépression …

  ***

 Extrait de « Qu’est-ce que ça veut dire ? » (Grand lièvre/2011).

 (…)

« Quelque chose sur l’ordi

Tous attendent le messie« .

(…)

  • Messie : Le messie désignait initialement, dans le Judaïsme l’oint, c’est à dire la personne consacrée par le rituel de l’onction. Ce rite est à l’origine de ceux du Saint Chrême et de la sainte Ampoule du sacre des rois de France.

Le messie est le sauveur dont le règne est attendu à la fin des temps. Jésus de Nazareth est considéré comme le messie par les chrétiens.

 ***

 Extrait de « Qu’est-ce que ça veut dire ? » (Grand lièvre/2011).

 (…)

« Pur novice en la matière

Au chapitre de ma vie

Est-ce le dernier voyage ?

(…)

  • Novice : Se dit de celui qui n’a pas d’expérience. Être novice dans le métier est une expression qui s’emploie communément. A l’origine ce qualificatif s’applique à une personne qui a reçu l’habit religieux depuis peu, qui passe une période de probation. On parle de « noviciat ».

 ***

Extrait de « Sans pitié pour le cheval » (Grand lièvre/2011).

 (…)

« Prions pour les disparus,

Tous emportés par l‘obus ».

(…)

  • Obus : A pour origine le terme « haubitze » soit une pièce de grosse artillerie au 15ème siècle. En fait, il s’agit d’un projectile explosif lancé par une pièce d’artillerie.

 ***

Extrait de « Sans pitié pour le cheval » (Grand lièvre/2011).

 (…)

« Ton linceul de guerrier

Tombe, creusé à l’avance ».

(…)

  •  Linceul : Drap de toile dont on se sert pour ensevelir un mort ou dans lequel on enveloppe le corps du défunt. Pour synonyme il a le mot « suaire ».

 ***

 Extrait de « Rémi est mort ainsi » (Grand lièvre/2011).

 « Maquis de mon âme

Giroflée de ma folie

Dans l’air des montagnes

Entends-tu l’hallali ? ».

(…)

  • Hallali : L’expression « sonner l’hallali » trouve son origine dans le langage de la chasse à cour. Le mot « hallali » est composé d’une forme conjugué « haler » qui veut dire « exciter les chiens » et de « a lui »  sous sa forme réduite « a li » soit « hale à li ». Au cours du temps on est passé de « hale à li » à « hallali ».

En venerie, le terme hallali s’emploie pour désigner le moment où l’animal pourchassé est aux abois.

Au figuré, l’hallali, désigne l’approche de la mort.  C’est ce dont quoi parle MURAT.

 ***

Extrait de « Alexandrie » (Grand lièvre/2011).

 (…)

« Sans coup férir

Comme un pur-sang

Prendre la mer

Sans testament »

(…)

  • Coup férir : « Férir » est un verbe du Moyen-âge qui voulait dire « frapper ». Sans coup-férir est donc une expression signifiant : parvenir à ses fins sans avoir à combattre, sans réelle opposition, sans difficulté.

 ***

Extrait de « Alexandrie » ‘Grand lièvre/2011).

 (…) 

« Bout du voyage

En Ptolémée

En prince Perse

Souffle coupé ».

(…)

  •  Ptolémée :  Originaires de Grèce, ils débarquant en Egypte avec Alexandre le Grand. A la mort de ce dernier ses généraux se partagent l’Empire. En 323 avant Jésus Christ, PTOLEME J.C.  fils du général LAGOS  hérite de l’Egypte. Il y règnera jusqu’à l’âge de 84 ans. Après sa mort 15 autres PTOLEMEE  se succèderont. La dynastie s’éteint en 31 avant Jésus Christ soit à la mort de la reine Cléopatre.

                              Buste de PTOLEMEE  1er.

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 Utilisant ce mot MURAT  nous parle d’un voyage en Egypte …

***

 Extrait de « Haut Arverne » (Grand lièvre/2011).

(…)

« L’homme captif a besoin d’aide

Demeurer pur

Oh quel voyage ! ».

(…)

  • Captif : Dans l’Antiquité le « captif » est l’homme qui a été fait esclave à la guerre.  Par la suite c’est devenu le prisonnier, l’homme privé de liberté. Au figuré, il s’agit d’une personne qui est dans une grande contrainte, une forte sujétion. Au 21ème siècle l’homme est captif de la modernité, de l’argent, de la productivité, du toujours plus …

  ***

 Extrait de « Haut Arverne » (Grand lièvre/2011).

 (…)

« Destin d’amant

Destin de chose ».

(…)

  •  Amant : Celui qui ayant de l’amour pour une femme, a fait connaître ses sentiments, et est aimé ou tâche de se faire aimer. On dit d’un amant qu’il est « fidèle » ou « infidèle ». De nos jours l’amant est davantage reconnu comme le partenaire sexuel d’une femme hors le mariage. L’amant a perdu son côté puribond pour devenir « celui qui s’envoie en l’air avec Madame » …

***

 Extrait de « Haut Arverne » (Grand lièvre/2011).

 (…)

« Rêves d’hiver à l’harmonium

Malheurs couvés par le vent ».

(…)

  • Harmonium : Petit orgue où les tuyaux sont remplacés par des anches libres qui répondent aux touches d’un clavier. MURAT ou/et (???) sont attirés par tout ce qui est sacré. Le Christ dans l’église, le bénitier, le tabernacle, mais aussi l’harmonium qui accompagne les chants religieux … MURAT  y est très sensible. Cette musique envoûtante doit faire remonter une foule de souvenirs dans la tête du p’tit BERGHEAUD  …

***

 Extrait de « Je voudrais me perdre de vue » (Grand lièvre/2011).

(…)

« Je voudrais me perdre de vue

Connaître les mouvements requis

Ne plus être contraint de vivre

Au rythme dolent de nos jours ».

(…)

  • Requis : Du verbe requérir. Employé comme adjectif il est synonyme de « nécessaire ». Avoir l’âge requis pour voter … posséder les qualités requises pour cette tache. Ce terme s’emploie également pour des personnes contraintes d’être présentes. Les grévistes sont requis ou réquisitionnés.

  • Dolent : Du verbe ancien « doloir ». Se dit d’une personne qui affecte un air plaintif, une voix plaintive. Se dit également de quelqu’un qui est souffrant. Il présente une mine dolente.

***

Extrait de « Vendre les prés » (Grand lièvre/2011).

 (…)

« Il faut passer le bois

Grand-mère tient la maison

Pour quelque cul-terreux

Sans plus d’éducation »

(…) 

  • Cul-terreux :  Il s’agit d’un terme péjoratif qui désigne le « paysan ». Au titre des synonymes on lui trouve « péquenaud » et « manant » par exemple. Quant au mot « cul » il vient du latin « culus » qui signifie « fesse ». Pour parler de l’anus de façon vulgaire on dit « cul ». Qui n’a pas dit cette phrase : « Il s’est mis le doigt dans le cul ? ». Ce mot désigne également,  de façon familière le sexe et la pornographie d’où la phrase : « Il ne pense qu’au cul ». La plupart des synonymes sont des mots familiers soit : croupe, dargif, derche, fion, lune, pétard, popotin. A contrario en terme littéraire on emploie le mot « séant ». Le cul peut également désigner le dessous d’un objet :  le cul de la bouteille, le cul de la barrique  …

 ***

Extrait de « Vendre les prés » (Grand lièvre/2011).

(…)

« Du fond de mon sommeil

J’ai vu venir la flèche.

Nos vaches sous la pluie

Prudement descendaient.

Ceux mis dans le pétrin

A faire ce qu’on leur dit.

Les coeurs brûlent de fièvre

Misère nom de Dieu« 

(…)

  • Prudement : Qui fait preuve d’une pudeur affectée. Prude est le féminin de « preux ». Ce mot vieilli, a présent, quasiment inusité, désigne une personne sage, honnête, vertueuse. On dit : « C’est une femme qui a toujours été prude ».

  •  Pétrin : Appareil utilisé pour pétrir la pâte à pain. D’une personne qui est dans une situation ambarrassante, on dit qu’elle est dans le pétrin. C’est le cas des agriculteurs, obligés de vendre leurs terres.
  •  Nom de Dieu : Juron qui cache une colère sourde. Murat s’en prend à Dieu pour pour condamner ce système qui conduit à la mort de la paysannerie.

 ***

Extrait de « Le champion Espagnol » (Grand lièvre/2011).

 (…)

« Tout devient médiéval« 

(…)

  • Médiéval : Qui a rapport au Moyen-Âge. Synonyme : moyenâgeux.

 ***

 Extrait de « Le champion espagnol » (Grand lièvre/2011).

(…)

 « Parmi ces charlatans

Quel est celui qui compte

Dans ce trop vieil Empire

Ou est donc ton cheval

Vassal des bénéfices ? ».

(…)

  • Charlatans : De l’italien « ciralatano ». Le charlatan est un vendeur ambulant de drogues qu’il débite à grand fracas de trompe et de boniments sur les places publiques, monté sur des tréteaux ou des voitures. Terme méprisant. A pour synonyme : « bonimenteur ».  Il s’agit également d’une personne qui se vante de posséder quelque secret merveilleux et qui tire de l’argent des personnes crédules en promettant de le leur communiquer. Au figuré il s’agit d’une personne qui cherche à en imposer, à se faire valoir par un grand étalage de paroles et autres moyens.

  • Vassal :  Du latin « vassus » serviteur. Une personne qui dépend d’un seigneur. Au sens plus large : soumis à une puissance extérieure, être tributaire de … MURAT nous parle de cette économie de marché qui fait peu cas de l’homme.

***

 Extrait de « Le champion espagnol » (Grand lièvre/2011).

(…)

« Juché sur ton grand arbre

Dieu que ta vie est close ».

(…)

  • Juché : S’agissant des poules elles sont perchées sur une branche pour dormir. Placer une chose ou une personne en hauteur. Synonymes : grimper, se hisser …

***

Extrait « Les rouges souliers » (Grand lièvre/2011).

(…)

« S’éloigne le canoë

De notre gourbis privé

Dans la maison de l’âme

Quels visages pâles, pâles ».

(…)

  • Gourbis : L’origine de ce mot vient d’Afrique du nord. En Algérie « gourbi » désigne une cabane ou une hutte. Au figuré il s’agit d’une habitation misérable et en désordre. En terme militaire, ce sont des abris dont se servaient les soldats dans les tranchées.  Parmi les synonymes on distingue : masure, cahute, piaule, taudis …

***

Extrait de « La lettre de la pampa » (Grand lièvre/2011).

(…)

« Jouir et puis manger me font pertes inouïes

Comme me donnent raison ces sales évènements ».

(…)

  • jouir : Signifiait en latin tardif : « tirer du plaisir à son profit ». L’évolution moderne du verbe renvoie à l’expérience de l’orgasme. Celà est logique puisque la jouissance est le comble de l’égoïsme. MURAT  dans ses interviews tient un discours différent puisque pour lui le comble de l’orgasme c’est « donner du plaisir à l’autre » …

***

Extrait de « La lettre de la pampa » (Grand lièvre/2011).

(…)

« Je rencontre aujourd’hui, un agneau dans les bras,

Un grand paquebot blanc qu’on traîne à l’échafaud.

Les travaux, la maison me font beaucoup de bien

Je ne crains pas l’hiver ».

(…)

  • Echafaud : Assemblage de pièces de bois qui forme une sorte d’estrade sur laquelles les ouvriers montent pour travailler dans les parties élevées ou d’accès difficile.

Plancher qu’on élève pour l’exécution des criminels et qui servait au préalable à leur exposition.

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A pour synonyme : estrade, tribune, guillotine, plate-forme …

***

Extrait de « Ne t’attends qu’à toi seul » (Grand lièvre/2011).

(…)

« Quand pendu au gibet

Ton âme sera folle ».

(…)

  • Gibet : Potence où l’on exécute ceux qui sont condamnés à être pendus.

***

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 Extrait de « Comme un incendie » (LCODC/2009).

(…)

« J’invoque ta substance

Dans ce purin d’idéaux« .

(…)

  •  Purin : Le purin est un déchet liquide produit par les élevages d’animaux domestiques. Il est principalement constitué d’urine. Jusque dans les années 60, dans certains foyers Auvergnats, les animaux partagent le logis avec les humains. Chez François, le petit BERGHEAUD  a connu cette promiscuité. Une simple paroi sépare la pièce de « vie » où l’on dort et l’on mange de celles où vivent les animaux. Bénéfice premier ??? La chaleur naturelle à pas cher ! Effet secondaire indésirable ??? L’odeur !Jean-Louis restera à jamais marqué par ces souvenirs. Le jeudi il est de corvée de fumier ! Lorsqu’il retourne à l’école … il emmène avec lui … les odeurs de la ferme. Les filles n’apprécient pas … Si l’on n’a pas connu ce désagrément … on ne peut peut pas comprendre. C’est une chose de le dire, c’est autre chose de le vivre …

Extrait de « La France se regarde » Ludovic NAUDEAU  (1931) : « Le village Auvergnat est resté malpropre, boueux, puant, délavé par les purins, il est sans lumières, les conditions d’habitation y sont exécrables ».

Extrait des« Lettres de ma chaumière » Octave MIRBEAU  (1885) : « Il y avait dans la cour, formée par quatre bâtiments, aucun être vivant, sinon les poules picorant le fumier qui, tout près de la bergerie, baignait dans un lit immonde de purin » …

 Cour de ferme auvergnate 1900 …

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  • Idéaux : Ce mot employé au pluriel par MURAT  a deux sens : 1- qui n’existe pas, chimérique, constitue un modèle de perfection. 2- qui est parfait, ce que nous souhaiterions atteindre et qui nous donnerait entière satisfaction. Cet idéal est bien difficile à atteindre. C’est ce qu’exprime BAUDELAIRE  à travers les vers de ce poème « L’idéal » :

(…)

« Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses,

Une fleur qui ressemble au rouge idéal ».

(…)

***

Extrait de « Comme un incendie » (LCODC/2009).

(…)

« Tes raclées abondantes

M’auront fait

Ce fumier d’Occident ».

(…)

Raclée : Mot féminin et familier qui a deux significations. Au sens 1er, ce sont des coups répétés portés à une personne ou un animal. Au sens second, il s’agit d’une défaite écrasante.

Synonymes sens 1 = correction, coups, fessée, rousse (mot anglais), torgnole, trempe, volée …

Synonymes sens 2 = défaite, déculottée, dérouillée, tôle, gamelle …

Dans les cours d’école (années 60/70) à Murat le Caire comme en Bretagne ces mots étaient souvent prononcées. Par ailleurs, dans chaque maison il y a un martinet avec lanières en cuir pour les récalcitrants, la raclée n’est pas chose rare. A l’école les punitions et traitements divers infligés aux mauvais élèves ou à ceux indisciplinés,   ne provoquent pas le scandale. Toutes proportions gardées bien évidemment. Et encore (?!?) Jusqu’aux années 1970 il y avait des choses qui ne se « disaient pas » … Le bonnet d’âne et la mise au coin sont des réalités. Les gifles et les coups ne sont pas exclus … L’usage de la régle sur les doigts est monnaie courante … En tout état de cause ils ne provoquent pas les réactions des parents d’aujourd’hui … Nous sommes passés d’un extrême à l’autre ! Lequel est le pire ??? Je ne suis pas certain que le second « celui du laisser aller » du « tout permis » soit le moins générateur de séismes …

Louis PERGAUD dans « Les rustiques nouvelles villageoises » (1921) écrit  : « S’attendant à la paire de claques prélude à la raclée l’avant-bras déjà levé pour la parade habituelle » … 

 ***

Extrait de « Comme un incendie » (LCODC/2009).

(…)

« Gloire d’égoûts

Enculade

Maladie de nos aïeux »

(…)

Enculade : Du verbe enculer. Avoir une relation sexuelle qui consiste en une sodomie. Chez les animaux (chiens dans les cours de ferme et taureaux dans les champs) ces rapports ont cours au vue y compris des enfants. Entre personnes de sexe différent et plus encore de même sexe, à la campagne le sujet est tabou. La quasi totalité des religions proscrivent ce type de relations. Aujourd’hui la relation sexuelle n’a plus pour objet premier la procréation mais la recherche du plaisir. On parle davantage de … « ces choses »mais dans certains milieux seulement. A la campagne, le sujet est toujours tabou. Je vois mal Jean-Louis en parler avec son voisin Emile du temps de son vivant. Dans l’argot ce terme s’apparente à une tromperie, une duperie, une escroquerie. C’est ainsi qu’on dit : « Tu nous as bien roulé. Quelle enculade !« . Ça peut être également une expression de mépris concernant un point secondaire. Dans ce cas là on peut entendre ce type de réflexion : « On ne va tout de même pas pinailler avec cette enculade de mouches ». Avec MURAT tout est possible … et je pense que « TOUT » lui a passé dans la tête … Il doit en sourire d’ailleurs !

***

Extrait de « Comme un incendie » (LCODC/2009).

(…)

« Dans ce purin d’idéaux

Où tout fabrique des sots« .

(…)

  • Sot : Du latin médiéval « sottus ». On dit d’un sot qu’il est sans esprit, sans jugement. Au titre des synonymes citons : absurde, affligeant, andouille, âne, balourd, bourrique, corniaud, couillon, con, nigaud, stupide …

Ninon De Lenclos : « Si l’amour donne de l’esprit aux sots, il rend quelquefois bien sots les gens d’esprit ».

   ***

 Extrait de « Chanter est ma façon d’errer » (LCODC/2009).

(…)

« Chaque mot chevalier errant

Tombe sans fin aux fonds poisseux« .

(…)

  • Poisseux : Adjectif qui signifie collant ou gluant. Les autres synonymes sont : repoussant, sale, visqueux. Vient du français « poix ». On dit collant comme la poix, qui est une matière constituée à partir de résines et de goudrons.

Extrait de « La vie des crapauds » Jean ROSTAND (1933) : « Quand l’animal veut s’offrir un insecte, il lui expédie sa langue poisseuse, ou le prend comme à la glu ».

 ***

 Extrait de « Chanter est ma façon d’errer » (LCODC/2009).

(…)

« Tout est féroce tout est ailleurs

Tout est royaume ensanglanté.

Tout est terreur d’Empereur

Que chacun voudrait zigouiller« .

(…)

  • Zigouiller:  Il s’agit d’un mot d’argot qui signifier « tuer ». Comme synonyme on trouve : liquider, égorger, trucider. Ce terme provient d’un dialecte (centre et ouest de la France) signifiant « couper avec un mauvais couteau ». Dans les cours d’école, aux jeux de billes il y a boutique … lorsque vous abattez la boutique on emploie le terme « zigouiller » … Il est fort probable que de nos jours, ces jeux pacifiques n’ont plus cours.

« La grande zigouille » est un livre de Jean VAUTRIN  qui a pour sujet la première guerre mondiale. Le titre choisi est évocateur.

***

Extrait de « M. maudit » (LCODC/2009).

(…)

« Hara kiri

Comme un B.B. ».

(…)

  • Hara Kiri : Le nom premier est « seppuku » qui consiste en une forme rituelle de suicide masculin par éventration, apparue au Japon vers le 12ème siècle. Les guerriers « samouraï » ont popularisé cette pratique, officiellement interdite en 1868. C’est en Chine que l’on trouve son origine. Elle était employée par les femmes, afin de prouver qu’en n’étant pas enceinte, elles gardaient leurs vertus intactes.

La samouraï s’ouvre l’abdomen à l’aide d’un sabre court ou d’un poignard. Cela a pour effet de libérer l’âme. L’ouverture s’effectue dans la largeur, sous le nombril. Cette forme de suicide était utilisée en dernier recours, lorsque le samouraï estimait un ordre de son maître immoral et refusait donc de l’exécuter. Cela peut être aussi une façon de se repentir d’un péché impardonnable, ou encore une manière exceptionnelle de se racheter de ses fautes.

En Occident le gentleman se « brûle la cervelle » en se tirant une balle dans la tête. Pour le Japonais l’abdomen est le siège de la pensée et de la conscience.

L’expression se faire hara kiri est aujourd’hui comprise de tous. Fort heureusement elle est le plus souvent employée au second degré. Elle s’applique à toute personne qui volontairement, saborde ses chances de réussite.

« Hara Kiri »est aussi un journal satirique fondé en septembre 1960 par François CAVANA  et Georges BERNIER. Il prend pour sous-titre « journal bête et méchant ». A l’occasion de la mort du Général DE GAULLE, En novembre 1970, la « Une » du journal est : « Bal tragique à Colombey ». Ce n’est pas ce qu’ils ont fait de plus intelligent.  Nous sommes à courir après le lièvre, je vous propose donc ce magnifique spécimen sorti de nulle part … (carte postale éditée par Hara Kiri).

       Il n’est pas beau mon lapin ???  Sorti de la cuisse de Jupiter ???

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***

Extrait de « Ginette Ramade » (LCODC/2009)

(…)

« Nue au fond du temps

Vous irez Madame

En salope des plus salées

Il n’y aura plus de tourment

Madame D ».

(…)

  • Salope: Au début du 17ème le mot fut employé pour désigner des personnes sales et malpropres. La première trace écrite du mot remonte à 1607 sous la forme de « salouppe » juxtaposition de « sale » et « hoppe » qui exprime la huppe (oiseau qui a la réputation d’être sale) du fait de la forte odeur que dégage son nid. Il y a un proverbe qui dit « sale comme une huppe ».

Une salope est une femme de mauvaise vie, dévergondée, débauchée. Ça peut être également une femme méprisable, une garce sans scrupule, prête à tout pour réussir. Autre significations : femme coupable de trahison. Enfin sur le plan sexuel, c’est une partenaire soumise, salace ou lubrique. Murat nous parle de cette dernière et lui affuble le terme … « des plus salées »

***

Extait de « Ginette Ramade » (LCODC/2009).

(…)

« Au matin est morte

Ginette Ramade

Dite D ».

  • Ramade : C’est un nom propre, celui de Ginette … Dans le département du Puy de Dôme 3 communes présentent des lieux dits dénommés … « Ramade » . Ce sont les localités de Durmignat – St Dier d’Auvergne et Villosange. La Ginette nous vient peut-être tout droit d’un de ces villages (???).

 L’abaye de « La Chaise Dieu » (An 1050)  sise commune de St Dier d’Auvergne …

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« Ramade »est également le nom donné par les bergers des Pyrénées à une réunion de plusieurs centaines de moutons. Enfin, en pays Occitan, ce mot a deux sens : soit une treille ou une feuillée, soit un troupeau partant à l’estive (ce qui, par métonymie) nous donne … un lieu d’estive.

***

Extrait de « 16 h 00 Qu’est-ce que tu fais ? » (LCODC/2009).

 (…)

« 16 h 00 à travers l’huis

16 h 00, le monde n’a pas de prix »

(…)

  • Huis : Ce mot a une origine latine (ostium) c’est à dire la porte et par extension la maison. Ce terme désignait les menuiseries très grossières faisant fonction de porte. Le huis consiste en une série de planches simplement jointives, doublées par d’autres planches disposées de manière à se relier aux premières par les clous. Le terme vieilli signifie « porte ».

Dans le Morvan, l’huis peut également désigner un hameau. Le nom qui suit l’huis est le plus souvent celui de la personne qui a permis l’implantation des familles en ce lieu.

On dit séance à huis clos, sans que le public n’y soit admis.

Le terme huisserie est plus usité. Il s’agit de l’encadrement complet de la porte.

***

Extrait de « 16 h 00 Qu’est-ce que tu fais ? » (LCODC/2009).

   (…)

« 16 h 00 c’est la tétée

16 h 00 à ton ourlet« .

(…)

  • Ourlet : Il s’agit du bord d’une étoffe repliée et cousue pour empêcher qu’elle ne s’effile. Par analogie celà peut concerner le rebord de tous objets (vase, cuvette …).

***

Extrait de « 16 h 00 Qu’est-ce que tu fais ? » (LCODC/2009).

   (…)

« 16 h00 la nuit passée,

Tes yeux m’auront blessé

Je redeviens puceau,

Il est 16 h 00″.

(…)

  • Puceau: Jeune garçon vierge. Homme n’ayant jamais eu de relation sexuelle. On peut employer le mot lorsque l’on parle d’une personne qui est novice dans un art donné. La pucelle la plus célèbre est bien entendu Jeann d’Arc. Son absence de défloraison ayant été constatée par des matrones à Poitiers en mars 1429 puis lors de son jugement à Rouen le 13 janvier 1431.

La pucelle

(Paul VERLAINE)

(extrait)

« Quand déjà pétillait et flambait le bûcher,

Jeanne qu’assourdissait le chant brutal des prêtres,

Sous tous ces yeux dardés de toutes les fenêtres

Sentit frémir sa chair  et son âme broncher ».

« Et semblable aux agneaux que revend aux bouchers

Le patour qui s’en va sifflant des airs champêtres

Elle considère les choses et les êtres

Et trouve son seigneur bien ingrat et léger ».

(…)

   Miniature de Jeanne d’Arc datée du 15ème siècle …  musée de Rouen

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***

Extrait de « Falling in love again » (LCODC/200).

(…)

Dans le corset de mort

Où ta joie m’enflamme ».

(…)

  • Corset : Le corset a pris naissance avec la civilisation européenne : il a son berceau dans la chrétienté, mais puise ses origines dans l’antiquité avec le port de bandelettes et de ceintures. A l’époque minoenne (de 2700 à 1200 avant Jésus Christ) les femmes de Crête portaient une ceinture, faisant office de corset auquel venait s’attacher la jupe.

Dans l’antiquité Égyptienne, les femmes portaient un corselet serré par une ceinture et maintenu par deux épaulettes. Les femmes femmes Grecques et Romaines employaient des bandelettes et des ceintures pour soutenir la poitrine et maintenir la taille.

Le mot corset vient du vieux français « cors ». Il s’agit d’un sous-vêtement féminin porté du 16ème au 20ème siècle comportant des baleines destinénées  à moduler le buste. Il s’agit d’une pièce de vêtement rigide qui a pour effet d’affiner la taille et de maintenir la poitrine.

                          Corset époque 1870 …

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Pas très pratique ma foi, mais les femmes sont si désirables ainsi accoutrées !.

                        Fin de la guerre … année 1948 …

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Je crois que Jean-Louis les aime ainsi … il chante : « Dans le corset de mort/Ou ta joie m’enflamme » on devine délectation et empressement … Vouloir défaire … déshabiller … mettre à nue … pour mieux caresser, s’approprier … (Sur le coup c’est moi qui m’enflamme) … Il faut savoir garder raison « papy » …

En terme militaire le corset est un vêtement en cuir ou en acier destiné à protéger le thorax. C’est CHATEAUBRIAND  qui s’interroge : « Ces nobles si hautaines étaient-ils plus braves sous leurs corsets et leurs casques de fer (…) que ces paysans armés d’un bâton ? «  (1831).

Au sens figuré, il s’agit d’un soutien. En 1949  Hervé BAZIN  écrit : « La discipline est un corset plus sur que la volonté« . 

***

Extrait de « Falling in love again » (LCODC/2009).

(…)

« A ton goulot d’amphore

S’épanche l’âme ».

(…)

  • Epanche : Donner libre cours à un sentiment, se confier avec sincérité. Autres synonymes : s’ouvrir, se livrer, s’abandonner …

« s’épancher l’âme »  … c’est se mettre à nu, dire à l’autre ce que l’on a au plus profond de soi …

 ***

Extrait de « Falling in love again » (LCODC/2009).

(…)

« Vagabond éperdu

Vagabonde erreur ».

(…)

  • Eperdu : En proie à une vive émotion. Un sentiment très violent, vif. Un amour éperdu. Tous ces mots rappellent les amours d’adolescence. Peut-être le plus beau de l’amour … avant qu’il ne soit consommé et qu’il ne se consume. Deux chansons illustrent cet état second : « amours débutants » ou le p’tit BERGHEAUD  revoit ses premières amours …

« Je venais retrouver

Entre ces peupliers

L’état de grâce,

L’ombre fugace

Que l’on pourchasse,

Suivre sa parfaite trace ».

(…)

Autre poète qui touche à la grace, en évoquant ce sentiment profond : ARAGON  dont le texte est magnifié par la voix de  FERRAT  …

« Aimer à perdre la raison,

Aimer à n’en savoir que dire,

A n’avoir que toi d’horizon

Et ne connaître de saisons

Que par la douleur du partir,

Aimer à perdre la raison ».

(…) 

***

Extrait de « Falling in love again » (LCODC/2009).

(…)

« A ton goulot d’amphore »

(…)

  • Goulot : Il s’agit du col d’une bouteille ou d’un vase. Les synonymes : bec, canal, cou, ouverture …

Il y a une expression qui dit « repousser » ou « refouler »du goulot ! L’expression signifie :  avoir mauvaise haleine, puer du bec. C’est Léo FERRE qui dans « Poètes, vos papiers ! »  s’exclame :

(…)

« J’ai bu du Waterman et j’ai bouffé Littré

Et je repousse du goulot de la syntaxe,

A faire se pâmer les précieuses à l’arrêt

La phrase m’a poussé au ventre comme un axe ».

(…)

 ***

Extrait de « Falling in love again » (LCODC/2009).

    (…)

« Dans la cour du château

Où je me réveille,

Un jouvenceau sourit,

Joue la demoiselle ».

(…)

  • Jouvenceau : Jeune homme ou jeune fille qui est encore dans l’adolescence.

***

 Extrait de « La mésange bleue » (LCODC/2009).

  (…)

« Morne province, morne Mont d’Or ».

(…)

  •  Morne : La signification première de ce mot est triste. D’autres synonymes donnent une couleur plus ou moins sombre à cet adjectif : funèbre, lugubre, maussade, pâle, plat, sinistre, ténébreux et terne.

Parlant de l’épopée Napoléonienne Victor-Hugo écrit : « Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine ! »

Ce mot trouve son origine dans un verbe ancien « morner » qui signifie dire « être triste ». Cette tristesse peut aller jusqu’à l’abattement. Dans la fable « Le lion devenu vieux » Jean De La Fontaine à ces mots : « Le malheureux lion, languissant, triste et morne, peut à peine rugir, par l’âge estropié. Il attend son destin sans faire aucune plainte ».

Le terme morne qualifie un temps obscur et couvert ou une couleur sombre qui n’a ni vivacité ni éclat.

***

Extrait de « La mésange bleue » (LCODC/2009).

 (…)

« On s’amuse d’amours soudaines

Sous la mitraille amours sont vaines ».

(…)

  • Mitraille : Il s’agit des vieux clous ou vieux fers dont on chargeait les canons. Ensuite ce terme a englobé les balles de fer mêlées de ferraille dont on faisait les cartouches pour l’artillerie. Le dernier sens du mot concerne la « petite monnaie ». Murat chante « Sous la mitraille amours sont vaines »… Je pense à Fanfan la Tulipe … le beau Gérard PHLIPPE  courant sur les toits, amoureux de Gina Lolobrigida …

 ***

Extrait de « La mésange bleue » (LCODC/2009).

(…)

« On perd tout entendement

On pleure comme pleurent les enfants ».

(…)

  • Entendement : Nous vient du latin « intendere » qui veut dire « tendre vers », « être attentif » d’ou, entendre.

En philosophie l’entendement c’est la faculté par laquelle l’esprit conçoit. L’entendement, la mémoire et la volonté sont trois facultés distinctes.

Plus globalement on peut dire qu’il s’agit de l’aptitude à comprendre.

***

 Extrait de « Lady of Orcival » (LCODC/2009).

(…)

« La faux lancée

Nous coupe les jarrets.

Plus de chant,

Plus de lait.

Pauvre Lady ».

(…)

  • Faux : Terme d’agriculture, instrument qui a la forme d’une longue lame un peu courbée, attachée au bout f’un long manche, qui sert à couper les plantes fourragères, les céréales, avant que l’industrialisation ne fasse son apparition dans le monde agricole.

Désigne également un individu qui … « n’est pas celui qu’on croit » … un faux frère.

Qui n’est pas vrai, contraire à la réalité.

Une chose vaine, mal fondée : faux espoirs, fausses crainte, fausse honte …

Qui manque de justesse.

Le savant et mathématicien français  AMPERE, poète à ses heures nous parle en ces termes de la faux du temps :

(…)

« Et quand la faux du temps a moissonné les jours

Qu’ils sentent que leurs yeux se ferment pour toujours,

D’inutiles regrets empoisonnent leur vie ».

(…)

  • En Bretagne, l’Ankou est l’ouvrier de la mort. Le dernier mort de l’année, dans chaque paroisse, devient l’Ankou de cette paroisse, pour l’année suivante. On dépeint l’Ankou comme étant maigre, portant les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d’un large feutre. Il tient à la main une faux. Celle-ce diffère des faux ordinaires, en ce qu’elle a le tranchant tourné vers le dehors. Aussi l’Ankou ne la ramène-t’il pas à lui quand il fauche, contrairement à ce que font les faucheurs de foin et les moissonneurs de blé. L’Ankou lance sa faux vers l’avant …

                                      Une représentation de l’Ankou …

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***

Extrait de « Lady of Orcival » (LCODC/2009).

 (…)

« Seule en sa geôle

Celle que rien ne console

Doit me trouver frivole

Pauvre Lady ».

(…)

  • Frivole : Léger, futile. Les synonymes vont de badin à écervelé, en passant par inconséquent, insouciant, puéril, vain et volage …

On dit d’une personne qu’elle ne se plaît qu’aux choses légères et sans importance.

Ce mot a souvent inspiré les écrivains. Citons Jean RACINE  : « Je perds trop de moments en des discours frivoles »DE STAEL : « Il n’y a que la vanité qui rend frivole »et VOLTAIRE  : « Pour nous consoler de nos innombrables misères, la nature nous a faits frivoles ».  

***

Extrait de « Comme un cowboy à l’âme fresh » (LCODC/2009).

 (…)

« Voilà l’oiseau du malheur,

Voilà pourri par le style

Le gougnafier qui fait peur ».

(…)

  • Gougnafier : Vieux mot issu du patois du sud de la France qui désigne « un bon à rien ». En fait la pire insulte que l’on puisse faire chez des paysans auvergnats. Ce mot est à rapprocher de gougnafiasse (goinfre). Ces deux mots étant dérivés de gougne (gouine). Outre un « bon à rien » le gougnafier évoque un personnage « rustre ».

***

Extrait de « Comme un cowboy à l’âme fresh » (LCODC/2009).

(…)

« Voilà ma pauvre chanson

L’occasion fait le larron« .

(…)

  •  Larron : désigne un voleur, un escroc. Souvent le 3ème larron profite du conflit entre deux personnes. Il s’agit d’un terme ancien, aujourd’hui désuet, puisque accolé aux bandits de grands chemins, pillards ou brigands.

L’expression employée par MURAT  « occasion faisant le larron » correspond à la « tentation qui   pousse au vol ». Il s’agit d’une opportunité à saisir.

***

Extrait de « La tige d’or » (LCODC/2009).

(…)

« Sortir de l’au-delà

Quand tout badine

Avec la mort

Dans tes jupons

Partout mon coeur va

Occupé de démons ».

(…)

  • Badine: Mot qui n’a plus cours, du temps des troubadours, de la cour du roi … qui signifie : plaisanter avec légèreté. Au titre des synonymes on trouve : blaguer, s’amuser, folâtrer, s’amuser … C’est Alfred de MUSSET  qui a eu cette phrase : « On ne badine pas avec l’amour » … Je crois qu’il a raison. Je pense que MURAT  est également de cet avis !

***

Extrait de « Taïga » (LCODC/2009).

 (…)

« Aux jours de carême

Nous avons prié ».

(…)

  • Carême : Il s’agit d’une période de jeûne de 40 jours que l’Eglise à instituée en référence aux 40 jours de jeune effectué par le Christ dans le désert.

                            Christ dans le déser Kramskoï (1872).

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Pour les catholiques cette période de Carême correspond à la préparation des fêtes de Pâques qui commémore la résurrection du Christ. Les chrétiens orthodoxes ont deux carêmes (à Noël et le dimanche des rameaux). Chez les protestants aucun consigne particulière de jeûne n’est donnée.

Cette période de carême comprend plusieurs phases :

  1. Le mercredi des cendres, jour de pénitence qui marque le début du carême. Il a lieu le lendemain du mardi gras.

  2. Quatre dimanches de carême

  3. Le cinquième dimanche dit de « la passion ».

  4. Le samedi de Lazare veille des Rameaux.

  5. Le dimanche des rameaux, soit le dimanche avant Pâques.

A noter plusieurs expressions liées à cette période :

  1. « Face de carême » se dit de quelqu’un qui est amaigri.

  2. « Tomber comme mars en carême »  c’est ce qui  arrive inévitablement

  3. « Arriver comme marée en carême » soit « arriver fort à propos ».

L’Eglise a instauré le mi-carême pour faire une pause dans le jeûne. C’est un jour de fête qui a lieu le 20ème jour de carême. Il s’agit du 3ème jeudi après « mardi gras ». Ce soir là on se déguise. Le mi-carême est particulièrement fêté (encore de nos jours) à Québec.

***

Extrait de « Taïga » (LCODC/2009).

(…)

« Redonne nous la sève

Donne nous la joie ».

(…)

  • Sève : liquide qui circule dans les végétaux et les nourrit. Par extension la sève  (le suc) est source d’énergie, de force, de robustesse, de vigueur et de vitalité. MURAT  emploie ce terme et pense à la force qu’elle génère, l’envie de vivre …

***

Extrait de « Taïga » (LCOCD/2009).

 (…)

« Va mon mille pattes

Au bout du manchon« .

(…)

  • Manchon :  Se dit d’un cylindre en fer forgé ou en fonte dont on fait usage pour raccorder deux axes bout à bout.

Terme de fontainier, cylindre de bois ou de métal, dans lequel on fait pénétrer les extremités de deux tuyaux pour les relier.

Terme de verrier, moule dans lequel on souffle le verre.

Fourrure disposée en forme de sac ouvert par les deux bouts et dans laquelle on met ses mains pour se garantir du froid.

MURAT  n’a rien oublié de BERGHEAUD … il a conservé chez lui tous les outils du grand-père François (tournevis …). Ses souvenirs  effleurent dans ses chansons et deviennent des mots qui peuvent paraître anachroniques mais ne le sont pas … tellement MURAT  nous chante sa vie, la vie, des petits riens … autant de choses qui finissent par donner une vraie profondeur … une âme à ses textes !

***

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Extrait de « Chante bonheur » (Tristan/2008)

 (…)

« Par le coeur

De ton aimée

Tout sépare le bon grain

De l’ivraie« .

(…)

  • Ivraie: Du latin « ebriaca » (qui est ivre) car les graines de l’ivraie sont enivrantes. L’ivraie est une mauvaise herbe. Au début de sa pousse son aspect est assez proche de celui du blé au milieu duquel elle peut croître. « Séparer le bon grain de l’ivraie » est une expression prêtée à Jésus par l’apôtre Mathieu. Cette expression est entrée dans le langage courant. En termes simples elle implique de savoir faire le tri entre les bonnes et les mauvaises choses. Cette expression s’applique également aux personnes.

 ***

 Extrait de « Chante bonheur » (Tristan/2008).

 (…)

« Court enfance

Vers l’hydravion

Vers le serpolet

Vers la déraison ».

(…)

  • Serpolet: Désigne le thym sauvage. Il pousse en altitude (entre 800 et 3000 mètres).  La période de floraison va de Juin à Octobre. Cette plante pousse dans les Vosges, le Jura, les Alpes, le Massif Central, les Pyrénées et la Corse.

                               Serpolet en fleurs …

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***

 Extrait de « Dame souveraine » (Tristan/2008).

(…)

« Reviens beauté entière

Au dernier baiser.

Est-ce boire la mort

Que de tant aimer ? ».

(…)

  • (Le) baiser : Il s’agit du nom commun et non du verbe qu’emploie ici MURAT. Le baiser consiste à appliquer sa bouche, sur le visage, les lèvres ou quelque partie du corps d’une personne, par amitié, amour ou civilité.

On distingue : le baiser à la bouche, sur la joue ou sur le front. Il y a aussi « baiser » … la main d’une femme. Plus populaire, « baiser le cul de la vieille ». Se dit de quelqu’un qui perd au jeu sans prendre un seul point.

Il y a le baiser d’amitié, celui amoureux. On donne ou l’on reçoit un baiser. On dérobe un baiser, on refuse un baiser. Il y a le baiser « volé » … Il y a le baiser du traître, celui de Judas.

Techniquement, le baiser est un roulement des lèvres inférieures et supérieures de la bouche. Il s’agit d’un échange mutuel et désiré d’un contact labial. En Europe et en Amérique du Nord cela correspond à tout le moins à un signe d’affection et de respect. En Afrique et en Asie, le baiser était absent ou même réprimé avant l’arrivée de la culture occidentale dans ces pays. Au Québec ou dans certains cantons Suisses on dit faire un  »bec ».

En France le baiser amoureux … « French kissing »  … nous amène à jouer au chat et à la souris.

Dans la bible, Jésus embrasse ses disciples sur la joue avant d’être tué. Ce baiser étant un au revoir mais surtout un encouragement à poursuivre le travail de pacification des coeurs.

Enfin le baiser se distingue du verbe « baiser » qui, de manière familière, désigne l’acte sexuel.

                                                    …

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***

Extrait de « Dame souveraine » (Tristan/2008).

 (…)

« Aimer une louve

Dois-je m’en blâmer ? ».

(…)

  •  Blâmer: Nous vient de blasphemare qui est un terme ecclésiastique. Les synonymes sont nombreux : désaprouver, réprimander, admonester, condamner, corriger, critiquer, désavouer, fustiger, honnir, incriminer, réprimander, reprocher, réprouver, sanctionner, sermonner, stigmatiser, tancer, vitupérer … La langue française est belle !!!

On blâme la légèreté de quelqu’un ou quelqu’un de sa légèreté.

Juger et prononcer que quelqu’un est digne de blâme. On le blâme d’avoir parlé.

Il peut s’agir aussi d’une opinion défavorable qu’on exprime à propos de quelque chose.

« Tout flatteur mérite le blâme »« encourir le blâme »  - « Porter tout le blâme d’une chose »

En droit, il s’agit de la réprimande faite par un Juge à la suite d’une sentence ou d’un arrêt.

Il s’agit également d’un genre littéraire qui consiste à critiquer par exemple, les défauts d’une institution. Exemple : « Les châtiments » de Victor Hugo (1853). 

 ***

 Extrait de « Il faut s’en aller » (Tristan/2008).

(…)

« Au grand calice

Comme un grand lys

Incline amour,

Il faut s’en aller ».

(…)

  • Calice : Ce mot nous vient du latin « calix » qui signifie : pot, vase marmite. Dans la religion catholique, il s’agit du vase sacré dans lequel est consacré le vin de messe.

Un proverbe dit : « Boire le calice jusqu’à la lie » c’est … souffrir jusqu’au bout un mal. C’est subir une humiliation complète. C’est supporter une épreuve pénible jusqu’à son terme. Pourquoi cet adage ? Chacun sait que dans une bouteille de vin on peut trouver un dépôt spécifique des boissons fermentées : la lie.  Si une bouteille est bue jusqu’à la lie, c’est qu’elle est complètement vidée.

Au Québec, dans le langage populaire le mot « câlice » est un juron qui fait référence à l’objet de culte dans lequel le prêtre boit le vin. D’ou le verbe « calisser » qui exprime de façon vulgaire le « je m’en foutisme ».

MURAT  dans sa chanson fait référence au calice de la fleur de lys … constitué de l’ensemble des sépales.

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***

Extrait de « L’hermine » (Tristan/2008).

(…)

« J’ai perdu mon hermine

Et de rage je dis ».

(…)

  • Rage : Nous vient du latin « rabia ».

En terme de médecine, il s’agit d’une maladie qui se transmet par morsure. Celle d’un chien par exemple. Elle se caractérise par le désir de mordre, des accès de fureur et une salive propre à inoculer la maladie.

Au figuré il peut s’agir d’une violente colère (c’est le cas pour Murat dans cette chanson « L’Hermine ») ou bien alors d’une passion.

On dit : assouvir sa rage, avoir la rage au coeur, vert de rage, rage blanche, rage mue, il a passé sa rage sur le 1er venu, faire rage …

Les écrivains ont souvent employé le terme. Leurs propos demeurent plus que jamais d’actualité …

Citons VOLTAIRE : « On est toujours attaqué de la rage ou de la peste, il suffit souvent qu’un ministre d’Etat enragé ait mordu un autre ministre, pour que la rage se communique dans 3 mois  à quatre ou cinq cent mille hommes ».  Quelle vision, quelle prémonition !!!  Les mois se sont transformés en heures, et les milliers en millions via internet et la télévision …

Enfin Jean DE LA FONTAINE : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ». Voilà qui nous permet de garder un peu d’espoir …

Quant à MURAT  dans cette chanson, il est au désespoir d’avoir perdu un animal (chien, chat, hermine … ou même personne) … Ce sont les souvenirs du p’tit BERGHEAUD  qui remontent à la surface. Il pense à Françoise (ce 1er amour connu à cinq ans ???) … il pense à Emile … (disparu l’année précédente) ??? Il pense  à François le grand-père ??? Il pense à sa vache ??? Lui seul le sait.

***

Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

« Dans un tout d’asphodèle

Dans un ramage d’or »

(…)

« Qui me parlent de mort »

(…)

  • Asphodèle: Voilà un mot que je ne connaissais pas. Il est du genre masculin. Il s’agit d’une plante de la famille des liliacées. Dans l’antiquité cette plante était souvent utilisée pour fleurir la tombe des morts. Dans la mythologie Grecque on nous parle du « pré des asphodèles » (lieu des enfers). Il s’agit d’un endroit où séjournent les fantômes des morts.

                                      L’asphodèle des montagnes …

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***

Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

(…)

« Dans la chose isocèle

Je ne fais que passer ».

(…)

  •  Isocèle : Voilà qui me ramène bien des années en arrière, sur les bancs de l’école, moi qui avait une sainte horreur des  mathématiques. Je n’y ai jamais rien compris ! Le terme « isocèle » nous vient du grec. « Iso » qui veut dire « même » et « skelos » signifie « jambe ». Un triangle « iscocèle »   a deux jambes pareilles ! En terme mathématique on dit qu’il a deux côtés égaux.  Si ses côtés sont fermés, on dit qu’il est « aigu » si ces mêmes côtés sont ouverts, on dit qu’il est « obtu« . Si le 3ème côté est égal aux deux autres on dit qu’il est « équilatéral« . Voilà pour le cours de mathématique … Quant à MURAT  alias BERGHEAUD  dans ce monde … il ne … « FAIT QUE PASSER »  … Il sera parti, « ses mots »  et l’isocèle dont il nous fait grâce dans cette chanson … seront toujours là pour l’éternité !

 ***

Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

(…)

« Au bénitier de miel

Où je porte mon feu ».

(…)

  • Bénitier :  Désigne à l’origine n’importe quel récipient contenant de l’eau bénite à l’entrée des églises. Ce mot, vient du vieux Français « benoitier » dont l’origine première est « ewe benëeité » pour eau bénite. Plusieurs expressions sont entrées dans le langage courant dont : « grenouille de bénitier » qui désigne de façon péjorative ceux qui passent beaucoup de temps à l’église. C’est une façon de critiquer la bigoterie. On dit également : « comme un diable dans un bénitier » pour parler de quelqu’un qui s’agite beaucoup.

Chez MURAT  les mots trouvent un sens dans la vie de tous les jours.  Pour « isocèle » c’est l’école primaire, le tableau noir, l’odeur de la craie et de l’encrier … pour « bénitier » c’est son goût pour le « sacré » … En effet Jean-Louis BERGHEAUD  collectionne les croix et les bénitiers …

                  Bénitier porcelaine en forme de croix …

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                             Bénitier de forme ovale …

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Pour avoir longtemps fréquenté les églises et les chapelles, avoir servi la messe au curé, je me souviens que c’était péché que d’entrer dans une église sans y tremper la main dans le bénitier …  puis ne pas faire la génuflexion … en se signant !

***

Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

(…)

« En pucelle sans nom

Viens donzelle bavarde,

Viens m’offrir ta peau ».

(…)

  • Donzelle : Du latin « dominicella » diminutif de « domina » qui signifie « demoiselle ». Avec le temps le terme s’est voulu plus sévère à l’égard de la femme concernée, celle-ci étant prise pour une femme vaniteuse. Plus généralement, il s’agit d’une jeune fille ou d’une femme dont on parle légèrement, avec mépris.

 Dans « Les précieuses ridicules » MOLIERE  s’exclame : « Quelle donzelle ! L’air précieux n’a pas seulement infecté Paris; il s’est aussi répandu dans nos Provinces, et nos donzelles en ont humé une bonne part ».

***

Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

 (…)

« Hydre froide mortelle

En sombre destinée

Au triangle isocèle

Je ne fais que passer ».

(…)

  • Hydre : Dans la mythologie Grecque, l’hydre de Lerne est un serpent fabuleux à 7 têtes, à qui elles renaissaient dès qu’on lui en coupait une … Combattre l’hydre de Lerne  a fait partie des 10 travaux d’Héraclès (qui correspond à Hercule dans la mythologie Romaine). L’haleine de cet être extraordinaire exhalait un poisson mortel.

                                   L’hydre faisant face à Héraclès …

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En zoologie, l’hydre correspond a un genre de reptiles ophidiens ou serpents d’eau.

L’hydre est également un organisme minuscule (13 millimètres) sans squelette, un polype d’eau possédant plusieurs tentacules urticants. Il a la faculté de pouvoir régénérer rapidement les parties qui lui ont été enlevées. Font partie de cette famille : les coraux, les anémones de mer et les méduses).

***

Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

(…)

« Arrogante femelle

Paradis de ces jours,

Intrigante mortelle

Qui m’appelle à la tour ».

(…)

  • Arrogante : Impertinent, qui manifeste de l’arrogance. De nombreux synonymes : altier, cavalier, faraud, fat, fier, hardi, hautain, impudent, inabordable, insolent, méprisant, orgueuilleux, outrecuidant, présomptueux, prétentieux, provocant, suffisant … Voilà qui atteste de la richesse de notre vocabulaire.

 ***

Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

 (…)

« Voilà quelques images

De ma vie de troubadour

La cruelle pavane

Le monde de mes jours ».

(…)

  • Pavane : L’origine de ce mot est incertaine. Ce texte de 1793 nous donne quelques pistes : « Les chevaliers menaient la pavane sans quitter le harnois ni la cotte d’armes. Les hommes, à pied, approchant des femmes, tendoient les bras et les mantes en faisant la roue comme les coqs d’Inde ou les paons ».

D’autres disent que « pavana » est l’abréviation de « padavona », « padouane » ou danse de padoue. Il s’agit d’une danse grave venue d’Espagne, où les danseurs font la roue l’un devant l’autre, comme les paons avec leur queue. Cette danse de cour lente date du XVIème siècle.

Dans le pays Genevois le mot « pavane » correspond à une « farce« . Les Suisses disent : « Regarde ces déguisés, quelle pavane ! ».

La phrase qui suit est de SHAKESPEARE  : « La vie n’est qu’une ombre qui marche, un pauvre acteur qui se pavane et se trémousse une heure en scène, puis que l’on cesse d’entendre ».

***

Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

 (…)

« Souriceau de Cathare

Tout fait de séduction

Viens ma louve l’orage,

Viens prendre ma raison ».

(…)

  •  Cathare : La doctrine Cathare remonte au XIème siècle. En France, les villes de Toulouse, Albi, Carcassonne, Agen et Le Razes en constituent le berceau. « Albigeois » a d’ailleurs été le nom qui les a désignés en premier lieu.

Les cathares théorisent l’existence d’un principe « mauvais » à l’origine du monde matériel. Au Dieu bon qui règne sur le monde spirituel, s’oppose le monde matériel gouverné par Satan. L’homme n’est qu’un esprit enfermé dans la matière par la ruse du malin. Les cathares veulent libérer l’homme de la matière et lui rendre sa pureté d’origine.

C’est le refus des principes chrétiens (rachat du mal par l’envoi du Christ sur terre ainsi que le rejet des sacrements) qui amènent à cette scission dans l’église. Rome, les catholiques et l’Inquisition désignent les cathares sous le terme d’hérétiques. Ceux-ci seront pourchassés … et devront se cacher comme des « souriceaux » … pris au piège …

Le mot cathare a deux origines. L’une Grecques « catharos » qui signifie « pur » et l’autre latine « cattus », le chat, qui désigne de façon péjorative les adorateurs de cet animal.

***

 Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

 (…)

« Tant se languit ton trop loyal servant ».

(…)

  • languit  : Du latin « languere ».  Sens 1er : déprimer, dépérir et souffrir. Sens second : traîner en longueur. Sens 3ème : attendre impatiemment. On dit « être dans un état de langueur » … « Il est malade, il y a trois ans qu’il languit ». Le poète parle de la nature qui se languit en période d’hiver. Au figuré, se dit d’ouvrages d’esprit qui manquent de force, de chaleur … « ces vers languissent ».

Dans « la légende dorée » MURAT  « souffre du mal d’amour » … il nous chante un amant qui se « languit »

Citons BOILEAU  : « Notre style languit dans un remerciement ».

***

Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

 (…)

« Demeure close, tombe grêle à tes tétines« 

(…)

  • Tétine: Initialement la tétine désigne le pis de la vache ou de la truie. Lorsque vous habitez la ferme, les images du veau tétant sa mère ou du cochonnet s’acharnant sur les mamelles de sa maman, on conserve de cette image une profonde nostalgie. Ce sont des bruits, des odeurs, des douceurs qui vous marquant de façon indélébile. MURAT  ou BERGHEAUD  a sûrement ses souvenirs en tête. Cependant la connotation sexuelle est tellement forte dans ses vers que c’est à une belle jeune fille que l’on pense. La porte est close. Qui plus est « tombe grêle » … « bas les pattes » … pas touche … !!! Voilà une interprétation toute personnelle.

***

Extrait de « La légende dorée » (Tristan/2008).

(…)

« Vaine crevasse que j’en insulte les cieux »

(…)

  • crevasse : Il s’agit soit,  de la fente à la surface d’une chose, soit d’une petite fissure de la peau (gelure), soit une faille,  profonde fente d’un glacier.

Avec MURAT  rien n’est simple, tout est imagé. La faille qu’il évoque est celle … « chérie des femmes » … qu’il désespère de ne pas voir s’entrouvrir à ses désirs, au plaisir partagé …

***

Extrait de « Marlène » (Tristan/2008).

 (…)

« 

« Ma cyprine céleste

Près du cercueil que devient la beauté

Vous périrez ma chère ».

(…)

  • Cyprine: Sécrétée par les glandes de Bartholin dont le but est de lubrifier le vagin. Ces glandes au nombre de deux, sont situées au niveau du tiers postérieur des grandes lèvres dont les sécrétions filantes et lubrifiantes facilitent la pénétration du pénis lors des rapports sexuels. Finalement, elles sont bien plus importantes qu’il n’y paraît … ces glandes si petites ! Pour MURAT   »homme averti » de la chose féminine ce … « détail » … qui n’en n’est pas … trouve toute  sa place dans cette chanson …  de l’amant impénitent qu’il est ! 

***

Extrait de « Marlène » (Tristan/2008).

 (…)

« Dieu quelle est ta sentence ? ».

(…)

  • Sentence: Le mot désigne une peine, une condamnation, une décision arbitrale.  Dans le même ordre idée on peut dire qu’il s’agit d’un verdict. Autre signification : maxime ou adage.

***

Extrait de « L’amour en fuite » (Tristan/2008).

 (…)

« On va sans fin vers l’horizon

Tout bouffi de mémoire,

On ne retient pas la leçon

Perdu dans la mémoire ».

(…)

  • Bouffi : A pour synonyme : adipeux, ballonné, boursouflé, empâté, gonflé, gros et grossi. A Marseille on dit « bofi » … « Elle a tellement chialé qu’elle avait les yeux bofis »

A l’époque du paraître qui est la nôtre, ce terme est de plus en plus employé. Il est utilisé de façon péjorative, voire insultante … « Tu l’a dit bouffi » … C’est la réponse que l’on fait à une personne pour qui on a peu ou pas de considération.

***

Extrait de « L’amour en fuite » (Tristan/2008).

 (…)

« C’est un sentiment mobile

Qui redoute le trépas« .

(…)

  • Trépas : C’est la mort … On passe de vie à trépas. Ce terme ne s’emploie qu’à l’égard de l’homme, pas des animaux. CORNEILLE  en parle en ces termes : « La crainte de mourir et le désir de vivre ressaisissent une âme avant tant de pouvoir, que qui voit le trépas cesse de le vouloir ». 

Ce nom a été utilisé également pour désigner un droit de passage, qu’on payait sur La Loire, en passant d’une province à l’autre. Cette signification est passée en désuétude. Les habitués disaient : « Il y a de plus le trépas de Loire qui se lève sur tout ce qui descend, monte et traverse ladite rivière, depuis Candes jusqu’à Ancenis ». 

***

Extrait de « L’amour en fuite » (Tristan/2008).

 (…)

« Cavalier de l’impossible

Partout il entend le glas« .

(…)

  • Glas : C’est le tintement des cloches que l’on sonne pour une personne qui vient de mourir ou lors de ses funérailles. Ce mot est emprunté au latin « classicum » qui signifie « sonnerie de trompette ». Du temps des Romains on appelait au rassemblement d’une partie de la population par ce moyen.

Le glas annonce la fin de quelque chose … On dit : « Pour qui sonne le glas »

***

Extrait de « L’amour en fuite » (Tristan/2008).

(…)

« Ne sont rien les coups de trique« 

(…)

  • Trique : Il s’agit d’un gros bâton. MURAT  l’emploie en ce sens. A moins que … Il n’ait « la trique » et ne se trouve en état d’érection. Chose qui n’est pas pour lui déplaire. Ce mot familier s’emploie de plus en plus.  Il remplace les mots : « pénis » (trop scientifique) … « biroute » … (c’est celui que l’employais lorsque j’étais petit) … « bite » …  (conserve tout son charme …  Je l’employais adolescent) … « petit Jésus » … (ne me dit rien qui vaille) … « service 3 pièces » … (davantage réservé aux filles … je trouve) … « thermomètre à moustache » … (j’adore !) …  « dard » … (ça ne me plaît pas) … « pine » … (j’aime bien) … « braquemart » … (ça fait bandit) … « popol » … (désuet) … « quéquette … queue et zizi » … (que je mets dans le même sac) …

Autre signification : « être sous surveillance … interdit de séjour ».

 

***

Extrait de « L’amour en fuite » (Tristan/2008).

(…)

« Dans tes alcôves givrées,

L’amour est toujours en fuite ».

(…)

  • Alcôves : Il s’agit d’un enfoncent aménagé dans une chambre pour y placer un lit. Comme synonyme on lui connaît : niche et renfoncement.

Au XVIIème siècle, du temps des « Précieuses », dans le société bien pensante, ce mot désignait l’endroit ou se tenait salon littéraire … celui où il fallait être. En 1964, le dictionnaire de l’académie Française définit l’alcôve ainsi : « partie de chambre, séparée par une estrade ou divers ornements, où l’on place le lit ou des sièges pour recevoir une compagnie ».

Dans les alcôves, on causait, on échangeait, on rapportait les commérages de la cour … les agapes amoureuses n’étant pas interdites. Les habitués prenant pour nom : « les alcovistes ».

                             Les alcôves peint par DELACROIX  …

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MURAT  aurait fait un parfait alcôviste … Je le vois bien discourant pendant des heures avec Mademoiselle HUPPERT  …

***

Extrait de « L’amour en fuite » (Tristan/2008).

 (…)

« Patronnesse au coeur stupide

Idée équipée d’un con ».

(…)

  • Patronnesse :  Qui patronne une oeuvre de charité. « Trop bon, trop con » ???

***

Extrait de « L’amour en fuite » (Tristan/2008).

 (…)

« Sombre garce des tropiques »

(…)

  • Garce : Féminin de garçon. Dans le langage populaire, il s’applique à une fille ou une femme débauchée. Le terme vise également une femme méchante ou désagréable. Le plus souvent le terme est injurieux : « Sale garce ! ». Enfin, le mot donne une charge négative au substantif auquel il s’applique : « sa garce de vie ».

 ***

Extrait de « L’amour en fuite » (Tristan/2008).

  (…)

« Je vogue autour du monde

Dans mon humeur de fin d’été.

Je nargue la camarde,

Je me fais le pari d’aimer ».

(…)

  • Nargue : Braver, mépriser, faire peu de cas ou dédain témoigné. « Dire nargue d’une chose »… « Faire nargue à quelqu’un » … Exemple : « Il nargue la police ».

  • Camarde : Figure allégorique de la mort généralement représentée sous les traits d’un squelette. Issu de l’adjectif « camard » qui signifie « nez plat ». La camarde est donc la représentation squelettique de la mort puisque le crâne ne possède pas de nez. Le synonyme le plus approprié est « faucheuse »… terme souvent empoyé par MURAT. Jean-Pierre FERLAND le Québecois a chanté « La camarde » en 1959.

***

Extrait de « Mousse noire » (Tristan/2008).

 (…)

« Dans la boue qui va pataugeant 

Doux Colin, foutez donc Margot ».

(…)

  • Foutez : Verbe transitif employé à l’impératif présent. Vient du verbe « foutre » qui, tel qu’il est employé par MURAT  veut dire : « posséder charnellement ». Plus vulgairement on dirait « baiser » ou même « enculer ». MERIMEE  dans « Lettre à F. MICHEL » écrit : « M. DE LAMETH, qui avait conservé dans un âge très avancé la puissance ithyphallique, disait que, dans sa jeunesse, il bandait tous les jours, mais ne foutait que le dimanche ». MURAT  invite donc le trouvère COLIN MUSET à s’envoyer en l’air avec la belle MARGOT  …

Le verbe foutre n’est plus employé en ce sens si ce n’est par le poète MURAT. C’est l’exception qui confirme la règle. Dans le langage courant il a trouvé un autre sens. On dit : « foutre le camp » pour partir ou « ne rien foutre » pour qui ne fait rien. On s’interroge, on s’impatiente :  « mais qu’est-ce qu’il fout ? »

***

Extrait de « Mousse noire » (Tristan/2008).

(…)

« Quand se mêlent sourire aux pleurs

Au verger règne ton odeur

Tendre nonne

Nonne aux seins gonflés

Ma merveille,

Ma tant aimée ».

  • Nonne : Du latin ecclésiastique « nonnus », « nonna » qui constitue un terme de révérence, équivalent à père, à mère. En Italien « nonno » et « nonna »signifie grand-père et drand-mère.

Plus communément, une nonne est une religieuse. Comme synonyme on lui trouve :  « soeur, bonne soeur, carmélite, béguine … »

MURAT  emploie le terme de « nonne » en l’assimilant je pense à jeune fille vierge, pucelle, qui n’est que d’autant plus désirable, fantasmatique …

Victor MERIC  dans « Les compagnons de l’Escopette/1930″ écrit : « Satan poussait dans les feux de la lubricité cavalcadante et dévorante ses troupeaux de nonnes charnues et de moines ithyphalliques, gymnasiarques de l’amour et virtuoses des accouplements monstrueux » … Voilà des images qui ne déplairaient pas au sieur BERGHEAUD  !

  • Seins : Ce doux mot mot désigne cette part tellement désirable de la femme sa poitrine ! Enfant j’ai compris que je grandissais lorsque mes yeux on été … à hauteur de poitrine de ma mère.

Qui mieux qu‘Honoré DE BALZAC dans « La femme de 30 ans/1832″ nous laisse entrevoir les beautés de la femme en ces termes : « La vie et la jeunesse étalaient leurs trésors (…) sur un buste gracieux encore, malgré la ceinture alors placée sous le sein ». Lire a toujours été pour moi un plaisir. Ce sont des mots qui se transforment en images en fantasmes. ce sont les voyages que je n’ai jamais fait lorsque j’étais enfant. Aujourd’hui je ne lis plus que MURAT, il est le seul poète, qui ma fasse encore rêver … qui me ramène à l’enfance … me permet de toucher du doigt tout ce qui était désirable à force d’être désiré … mais n’était pas accessible au fils de paysan que j’étais.

***

Extrait de « Les voyageurs perdus » (Tristan/2008).

(…)

Je suis mort,

Tu ne m’aimes plus.

Tu quittes triste jour

Tu retournes aux nues« .

(…)

  • Nues : Il s’agit d’un mot « vieilli » hélas tombé en désuétude. S’agissant d’une chanson en « u » (perdus/plus/confus/fut/rues/advenu) MURAT  n’avait d’autre solution que d’employer le terme « nues » qui désigne les nuages. On dit « porter aux nues » c’est porter très haut dans son estime quelque chose ou plus encore …  quelqu’un. On dit également « exaler par dessus les nues ». C’était une façon de marquer son admiration. Mais à trop vanter les mérites de quelqu’un on tend à le surestimer. Qui « trop embrasse mal étreint ! »  

 ***

Extrait de « Les voyageurs perdus » (Tristan/2008).

(…)

« Tu quittes mon amour

Déjà je ne suis plus

Qu’un embrun de passage

Qui retourne aux nues ».

(…)

  • Embruns : Il s’agit d’une pluie fine formée par les vagues quand elles se brisent. Pour MURAT l’auteur, il pense et suggère :  légère bruine.

***

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Extrait de « Accueille-moi paysage » (Taormina/2006).

 (…)

« Dernière rase

Dans un champ de primevères »

(…)

  • Rase : Dans aucun dictionnaire qu’il soit de patois ou autre,  je n’ai trouvé d’explication à ce mot. Dans un premier temps, j’ai pensé à « champ » faisant le rapprochement avec l’expression « rase campagne » qui veut dire champ à découvert. Seul problème, c’est que dans ce cas, la phrase n’a aucun sens. Dans un second temps, et c’est la thèse que je privilégie, j’ai fait le rapprochement avec « rasade » … soit le contenu d’un verre plein à rabord que l’on boit « cul sec » … En Bretagne on dirait « rincette » : le fait de se rincer la gorge avec un alcool fort, ou « rincée » pour du vin courant. Les travaux des champs sont durs. Plus particulièrement ceux de la fenaison et de la moisson. Les femmes sont chargées du ravitaillement des hommes. Boire de l’eau n’est pas chose courante dans les campagnes au sortir de la guerre et jusqu’au milieu des années soixante voire plus. Le cidre ou le vin sont donc mis au ruisseau ou à l’ombre des arbres avant que les hommes occupés à couper, charger … ne viennent chercher quelque réconfort auprès de la dive bouteille. L’alcoolisme est chose courante dans les campagnes. Il s’agit d’un sujet tabou. Le grand-père du p’tit BERGHEAUD constitue un cas extrême puisqu’il n’est pas de jour où il ne soit ivre, passé quinze heures (dixit MURAT). La forge est un lieu où les hommes aiment à se retrouver tous les matins.  Souvent  la femme du forgeron tient « bistrot ». Chacun y paye sa tournée. Et v’là le bonhomme qui rentre une nouvelle fois « pompette » à la maison. Petit à petit les femmes qui étaient les premières victimes de ces situations, ont brisé le mur du silence et ont eu le courage de plier bagage. Revenons au texte de  MURAT : je n’ai trouvé d’autre explication que celle-ci-dessus… Si vous en avez une autre, je suis bien évidemment preneur. 

***

 Extrait de « Accueille-moi paysage » (Taormina/2006).

(…)

« Dessus la maie

Un dernier signe

Au matou

Qui attend ».

(…)

  • Maie : Il s’agit d’une caisse ou d’une huche dans laquelle le boulanger préparait sa pâte et conservait le pain. A la campage, ce meuble rustique servait à entreposer et conserver les aliments (pain, viande et autre). Les restes du repas de midi servaient souvent pour le soir. Il fallait donc les protéger des mouches, tellement envahissantes, plus encore lorsque l’étable est à demeure … Mais une photo vaut mieux qu’un long discours n’est-ce pas ?

                                Maie Auvergnate …

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Le chat est également important à la campagne, qu’elle soit de montagne ou d’ailleurs. Il faut chasser les souris. Monsieur dort sur la maie, voilà qui rassure tout le monde … d’autant que l’animal ne ferme jamais qu’un oeil … Ces deux exemples de mots choisis démontrent si besoin était, combien les textes de MURAT  sont emplis des images de son enfance …

***

Extrait de « Accueille-moi paysage » (Taormina/2006).

(…)

« Voilà la maison

Cent mètres à droite

Pas de quoi se faire de mouron« .

(…)

  • Mouron : Ce mot est un synonyme populaire de « souci ».  On dit également se faire des cheveux blancs. Le mot mouron trouve son origine dans un mot ancien qui voulait dire « la chevelure ». En atteste cette expression ancienne : « Ne plus avoir de mouron sur la cage » forme imagée pour parler d’une personne chauve.  L’expression se faire du mouron a été remplacée dans le language courant par : « se faire du mauvais sang/de la bile ».  Je pense que souvent … non,  de temps en temps puisqu’il parlait peu,  le grand-père de Jean-Louis a du dire à son p’tit fils : « ne te fais pas de mouron » !!! 

***

Extrait « Au dedans de moi » (Taormina/2006).

(…)

« Dessous les habits, le rubis.

Dessous le timon ton nom !

Par le chemin creux, ta fontaine !

Qu’il est bon de dire « je t’aime ».

(…)

  • Timon : A n’y rien paraître ce texte à priori sybillin, constitue l’un des plus osés écrit par MURAT. « Le rubis » chacun aura compris de quel éclat il brille. « Le timon » par contre … il fallait le trouver ! Dans le language courant, le « timon » désigne une pièce en bois à laquelle sont attelés les boeufs ou les chevaux. Dans l’esprit de MURAT, le « timon » la partie la plus virile d’un garçon. La comparaison est fort osée. L’expression de chemin creux qui mène à la fontaine est du même tonneau. Le tout est dit avec une telle subtilité qu’il faut s’y reprendre à deux fois avant de saisir le sens voulu par l’auteur, avant de percevoir les images se cachant derrière les mots.

***

Extrait de « Billy » (Taormina/2006).

 (…)

« De quoi veux-tu jouir

Avant l’aurore

Citron volage

Monde amoché ?

De quel désir

Veux-tu me faire le procès ? ».

(…)

  • Volage : Cet adjectif désigne une personne aux sentiments amoureux instables, inconstants. De façon plus globale, se dit d’une personne qui ne fixe pas longtemps, ses goûts, ses opinions, ses sentiments sur le même objet. Le sujet « citron » désigne quant à lui le cerveau, l’esprit de « Billy » … dont chacun connaît les escapades …

« Un homme volage est celui qui ne sait à quels seins se vouer » (Claude Robert).

« La femme dans notre société contemporaine n’est pas moins volage que l’homme. Elle est simplement plus discrète » (Helen FISCHER).

« Les hommes sont volages. Bien folle est qui s’y fie » (Raymond QUENEAU).

  • Amoché : MURAT décrit ainsi l’état de notre monde, si mal en point, esquinté, abîmé par la « connerie » de  l’homme, se souciant si peu de l’état dans lequel il laissera cette planète pour ses enfants.

 Ce mot est dérivé de moche.

***

Extrait de « Caillou » (Taormina/2006).

(…)

  »Finie jeunesse embaumée

En biaude de damné

Sans ordre ni beauté

On s’entend murmurer »

(…)

  • Biaude : Tiré de l’ancien vêtement « bliault ». Blouse de toile blanche, bleue ou noire que les éleveurs  portaient pour sortir ou aller à la foire. Elle n’est pas boutonnée sur le devant mais fermée par un cordon et ouverte à hauteur de la poitrine.

   Paysan, musicien en biaude …

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***

Extrait de « Caillou » (Taormina/2006).

(…)

« Reviens ma vêle craintive

Boire cette eau limpide;

Je voulais te dire, ne pleure pas caillou,

Je t’aime ».

(…)

  • Vêle : Une vache qui met bas vêle. Se dit également du veau femelle.

A la campagne le vêlage est un moment sacré. Celà pour deux raisons essentielles : l’une affective, puisque le paysan est tès attaché à ses bêtes et qu’il n’aime pas les voir souffrir. La naissance d’un veau est toujours difficile. On ne sait jamais comment celà va se passer. Si le veau se présente bien, le vêlage se passera bien. Si le veau se présente mal, le vêlage sera douloureux et risqué pour la mère. Il y a vingt ou trente ans, l’agriculteur se débrouillait tout seul, aidé » ses voisins pour aider la vache à mettre bas. Deux cordes accrochés au pied du veau à naitre, que le patron de la ferme allait chercher à l’intérieur de la mère, et il fallait tirer, tirer jusquà ce que celà vienne. Pour un premier vêlage ce n’était jamais facile. La perte d’un veau et plus encore celle de la mère et c’était une grosse tuide pour l’agriculteur. Enfant, j’ai vu mon père pleurer … Le veau extrait du ventre de sa mère, nettoyé avec de la paille, on lui passait de l’alcool fort sur le nez pour lui donner de la vigueur. Un veau sur patte et tout le monde avait le sourire. Les hommes pouvaient trinquer à leur tour … En relisant ces mots « vêel craintive », enfant, je revois les yeux du nouveau né qui apeuré, découvre le spectacle de la vie, les hommes qui le regardent, sa maman qui lui lèche le corps, et lui qui tant bien que mal s’essaye à la marche, avant de s’affaler dans la paille fraîche … Mais déjà les hommes sont partis boire un coup, laissant le bébé et sa maman faire plus ample connaissance. Moi, souvent je revenais voir le nouvel arrivant, pour lui parler, le carresser … Ah le temps béni de mes dix ans !!!

                                 Nouveau né, toiletté par sa mère …

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Deux proverbes : « A homme heureux, son boeuf lui vêle » et « A homme riche, souvent sa vache vêle et du pauvre, le loup veau emmène« . Une autre façon de dire que l’on : « ne prête qu’aux riches ». 

***

 Extrait de « Caillou » (Taormina/2006).

(…)

« Nous si fragiles que nous sommes,

Si fragiles en hommes.

Tous nos boeufs immolés

N’y pourront rien changer ».

(…)

  • Immolés : Sacrifier à une divinité. Autres synonymes : offrir, assassininer ou tuer. Dans certains pays (Tibet) en signe de protestation, les hommes s’immolent par le feu. Ils font le sacrifice de leur vie. Dans nos sociétés modernes, ces gestes de désespoir ne sont plus rares. Les gens ayant de plus en plus de mal à trouver leur place dans cette société où nos enfants ont de plus en plus de difficultés à trouver leur place.

***

« Démariés » (Taormina/2006).

(…)

« Sur son visage en pleurs

Je vois se finir la terre.

Sa bonne âme grelotte

Sous le grésil et le gel.

Quand reverrai-je un jour

L’aigle dans vos grand yeux ?

Pour mille et une raisons,

Nous voilà démariés ».

(…)

  • Grelotte : Se dit d’une personne qui tremble de froid ou de peur. Le claquement des dents de l’homme qui grelotte est comparé à celui d’un grelot. Ce terme trouve son origine dans les pays de montagne où l’air est parfois dur. Dans le pays de Genève on dit « grelober » ou « greuler ». En Savoie : « grelover » et en Dauphinois « gromola ». Dans la langue Française ce mot a pour synonyme : frémir, frissonner, geler, tinter, tintinabuler, trembler ou trembloter.

Un proverbe : « Mieux vaut suer que grelotter ».

Une citation : « Les souvenirs sont plus fidèles que les amis et les amants : ils reviennent nous voir lorsque notre âme grelotte toute seule ». (Ferenc MOZA – Hongrie).

***

Extrait de « Démariés » (Taormina/2006).

(…)

« Tous vos spectres lointains

Me donnent encore le frisson,

Mais berger dans la plaine

Me semble un triste horizon.

Tous les enfants s’ennuient,

La pluie rit sur le chemin.

Pour mille et une raisons,

Nous voilà démariés ».

(…)

  • Spectre : Désigne un fantôme, ou la mort (personnage blanc aux traits soulignés). Représente également une source de frayeur, un péril à éviter (la guerre, la famine, l’épidémie …).

Le spectre de la mort incrusté dans la pierre de granit  de Bretagne …

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Une illustration vaut souvent mieux qu’un long discours !

Pour en finir avec ce mot, je citerai Maria Antonietta MACCIOCCHI : « La bonté ne menace que ceux qui sont à l’autre bout du spectre de la moralité ».

 ***

Extrait de « Est-ce bien l’amour ? » (Taormina/2006). 

(…)

  »Serré de lierre

On s’échappe du taillis

D’un coup d’éperon doré ».

(…)

  • Eperon : Instrument que l’on fixe à la cheville du cavalier. Il s’agit d’une pièce de métal à deux branches qui présente en sus, une  extrêmité pointue servant à piquer les flancs de l’animal pour le stimuler. En fait c’est plus un outil de précision que de coërcition. On peut également dire d’un homme qu’il a plus besoin de bride que d’éperon ou l’inverse bien évidemment !

***

 Extrait de « Gengis » (Taormina/2006).

(…)

« Assise au bord de l’eau

Vous jouez à la marelle« .

 (…)

  • Marelle : Jeu auquel s’adonnent les enfants du monde entier. Sa dénomination vient du vieux Français « méreau » qui désignait le palet ou la pierre plate que l’enfant lance sur les cases d’un dessin tracé à même le sol. « Méreau » a donc donné « mérelle » puis « marelle ». L’origine de la marelle remonte à l’Antiquité. Les dalles de pierres des voies romaines se prêtaient à merveille au jeu. Les soldats romains l’ont fait connaître aux enfants des territoires conquis.

                Enfant jouant à la marelle dans la cour de l’école …

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Ce jeu a le plus souvent la forme d’une église gothique. La première case représente la « terre » et la dernière « le ciel ». Il existe aussi le « reposoir » où l’on peut mettre le pied et la case « enfer » par laquelle il est interdit de passer. Des formes rondes de ce jeu existent. Elles sont moins faciles à tracer sur le sol … Le plus souvent, elles étaient inscrites dans la pierre, à l’intérieur des cours des donjons .

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***

Extrait de « Gengis » (Taormina/2006).

(…)

« Prisonnière au bord des lèvres,

Longtemps vous futes l’enfant de trop.

Pataugeant dans la nacelle

Vous ne futes qu’idéaux ».

(…)

  • Pataugeant : Participe présent du verbe patauger, soit l’action de marcher dans la boue sur un sol détrempé. Se dit aussi lorsque l’on joue dans un peu d’eau ou lorsque l’on s’enlise dans des problèmes.

L’écrivain Francis PONGE reprend ce mot dans une citation fort à propos : « L’histoire, ce petit cloaque où l’esprit de l’homme aime patauger ».

  • Nacelle : Petite embarcation qui, en mer, n’a ni mat, ni voile. Se dit aussi d’un esquif. Se rapporte également à la partie suspendue d’un aérostat.

 

***

Extrait de « Le chemin des poneys » (Taormina/2006).

(…)

« Il n’y a rien ma mie

Qui doit nous faire peur,

La portière ouverte,

Ressens-tu la chaleur ? ».

(…)

  • Mie : Ce terme constitue une forme affectueuse et raccourcie du mot « ami ». MOLIERE écrit : « Non, ma mie, et ton coeur pour celà m’est trop cher ».

Ma mie se dit quelquefois familièrement en parlant à une femme d’une classe inférieure. Se dit aussi en un sens méprisant : « Je ne souffrirai pas vos impertinences ma mie ».

L’amoureux impénitent qu’est MURAT ne l’emploie que dans le sens premier évoqué ci-dessus.

***

Extrait de « Le chemin des poneys » (Taormina/2006).

(…) 

« Berger du néant

Troupeau d’éternité ».

(…)

  • Berger : Il s’agit d’une personne chargée de guider et prendre soin des troupeaux de moutons. Mais il peut s’agir également d’un berger de vaches en zone de montagne par exemple. Le chien est souvent le compagnon du berger. Ce mot trouve son origine dans le latin « berbex ».

Chez MURAT on est berger de père en fils. Le père de Jean-Louis est venu briser cette lignée. Le grand-père a rencontré sa mie, alors que l’un et l’autre (bergers) se rendaient à la fête de « Chamablanc » … d’ou la chanson … Jean-Louis BERGHEAUD  restera toujours un « bercail »  : autre manière de désigner le berger en pays de montagne

Le berger et son troupeau …

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 - « La faute du troupeau vient du berger » (Proverbe Arabe).

- « Berger sans taureau finira sans troupeau » (Proverbe Sénégalais).

- « Le cul du berger sentira toujours le thym » (Proverbe Provençal).

- « Cinquante brebis sans berger ne font pas un troupeau »  (Proverbe Russe).

***

Extrait de « Maudits » (Taormina/2006).

(…)

« Parmi les captifs

Tous en cornes et en sabots

Nations d’épouvante

Veulent chanter le Très Haut.

Montez les chevaux

C’est un torrent qui déborde

Crèvent les bergers les brebis

Dans cette pogne« .

(…)

  • Pogne : Mot familier qui désigne la main. On dit : « se serrer la pogne ». Le mot « pognon » désigne l’argent d’ou l’expression « prendre dans la pogne. En 1840, c’est Henri POGNON chef comptable d’une grande entreprise du Creusot qui est à l’origine de ce mot « pognon » … que l’on prend donc dans la main … ou dans la poche.

Le cinéaste Michel AUDIARD est l’auteur de cette ciation : « Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus ».

***

Extrait de « Maudits » (Taormina/2006).

(…)

« La vierge au pressoir

Vit dans un sang de paroles.

Aimer l’Eternel puis son beau-frère

Et sa bonne.

Vont la proie des ronces

Tous les cieux ébranlés.

L’extrêmité du ciel

Est toujours un brasier ».

(…)

  • Ebranlés : Ce mot recoupe trois significations  : 1- Secouer, faire trembler, une chose.  2- Rendre  moins ferme, moins stable, affaiblir.  3- Rendre quelqu’un moins assuré dans ses positions, ses convictions. Instiller le doute dans son esprit.

La citation qui suit est de MONTAIGNE : « Il n’est passion qui ébranle tant la sincérité des jugements comme la colère ». Ceci est tellement vrai !

Petit intermède pour évoquer le terme « branler » … pour lequel Michel Eyquem DE MONTAIGNE dit : « Tout ce qui branle ne tombe pas ».

***

Extrait du titre  »Taormina » (Album « Taormina »/2006).

(…)

« La mort

Est dégueulasse« 

(…)

  • Dégueulasse : Lorsqu’il s’agit d’un adjectif le mot signifie : dégoutant/répugnant ou ignoble. Utilisé comme nom commun, on parle d’un individu qui a des manières peu recommandables.

L’un des rares hommes politiques qui trouve grâce à mes yeux est Michel ROCARD  qui a dit : « La politique est dégueulasse, parce que les hommes qui la font la rendent dégueulasse ».

***

Extrait du titre « Taormina » (Album « Taormina/2006).

(…)

« En gabardine

Dieu mesure

A la tasse

Mon chagrin ».

(…)

  • Gabardine : De l’espagnol « gabardina » signifiant justaucorps … soit le nom d’un tissu de coton d’armure façonnée et très serrée, relativement imperméable à l’eau et à l’air. Créé par l’anglais Thomas BURBERRY en 1880 alors qu’il rencontre un berger de sa région dont la veste était rendue imperméable par le produit utilisé lors du baignage des moutons. Il dépose un brevet en 1888 et fait fortune. Actuellement la plupart des manteaux de  pluie portent le nom « burberries » en Angleterre et « gabardine » en France.

                  Trop la classe …

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***

 

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 « Arrête d’y penser » (Mockba/2005).

(…)

« Comment construire

Déchafauder

Comment s’instruire

Se sauver ? ».

(…)

  • Déchafaudage : Un néologisme ? Un mot inventé par l’artiste … contraction de défaire et d’échafaud ? Probablement mais pas certain … Sur le net j’ai trouvé une autre explication : « Avancer son travail en hauteur, de manière à dépasser l’échafaudage du voisin »  … (Cf  : dictionnaire des noms communs du 19ème siècle Nadaux).

L’échafaudage consiste en une construction temporaire, de ponts, passerelles ou de plate-formes soutenus par une charpente en bois, acier ou aluminium. Cet ensemble est destiné à permettre l’accès des artisans et du matériel en tous points d’un bâtiment à édifier ou à réparer. Autrefois l’échafaudage était constitué d’un plan incliné, accumulation de briques crues ou de terre, permettant l’accès de la zone de travail située en hauteur. L’échafaudage désigne aussi l’estrade ou sont  installées la potence  et la guillotine lors d’une éxécution.  Au 19ème siècle, pour éviter toute comparaison (non appropriée), le terme échafaudage remplace celui d’échafaud …

Echafaudage en bambou …

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***

Extrait de « Ce que tu désires » (Mockba/2005).

(…)

« Ce que tu désires attise ma souffrance »

(…)

  • Attise : Au sens premier : activer un feu . Au sens figuré : exciter. On attise la crainte ou un conflit par exemple.

C’est le dramaturge Jacques DEVAL qui écrit : « La fortune attise nos vices, l’infortune nos vertus ».

Catherine CUSSET écrit sur le sujet : « Ce qu’on ne conçoit pas n’attise pas la curiosité ».

***

Extrait de « Ce que tu désires » (Mockba/2005). 

(…)

« Accueille mon âme

Au fond de ton nuage

Au bleu satiné

Qui cercle tes yeux las ».

(…)

  • Satiné : Tissu satiné, qui a la brillance du satin. On dit également de la peau qu’elle a la douceur du satin. On peut comprendre également qui a l’apparence du satin, lustré.  

Un proverbe Chinois dit : « Avec le temps et la patience, la feuille du murier devient satin ».

***

Extrait de « Ce que tu désires » (Mockba/2005).

(…)

« Mais le bien est monotone« 

(…)

  • Monotone : Qui est sur le même ton. Qui est ennuyeux en raison de son aspect répétitif et peu varié.

Cette citation de Jean ANOUILH  : « N’aimer que soit, celà doit être bien monotone ». Enfin ce vers de LAMARTINE : « Comme un enfant bercé par un chant monotone, mon âme s’assoupit au murmure des eaux ».

***

Extrait de « Colin Maillard » (Mockba/2005).

(…)

« Aphrodite vient te voir

Tu vas au gré de sa fantaisie.

Tout dans les règles de l’art,

Dorment quatre âmes

Au fond de ton lit ».

(….)

  • Aphrodite : Il s’agit d’une déesse Grecque. Pas n’importe laquelle puisque , elle est le symbole de la germination, de l’amour et de la beauté. Il s’agit de la fille de Zeus et de Dioné, mariée à Hephaïtos (Dieu forgeron boiteux). Elle a de multiples aventures extra conjugales. On lui attribue des liaisons avec Hermes. De leurs amours naîtront Hermaphrodite (mi homme mi femme). Elle a également  pour amant  Dionysos et Poséïdon

                      La belle Aphrodite  …

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***

Extrait de « Colin Maillard » (Mockba/2005).

(…)

« Tu joues à Colin Maillard

Je vais le dire à ton père tu sais.

Que fis-tu seule dans le noir ?

Quel mystère voudrais-tu percer ? ».

(…)

  • Colin Maillard : Jean COLIN MAILLARD est un guerrier du pays de Liège au Xème siècle. A son nom Jean COLIN il aurait acolé celui de MAILLARD à cause du maillet redoutable dont il était armé. Lors d’une bataille  à Louvains,  il eut les yeux crevés et n’en continua pas moins de se battre, frappant au hasard tout autour de lui. Le jeu portant son nom, serait un souvenir de cet épisode et donc une forme d’imitation de ce fait de guerre. Le chasseur a donc les yeux bandés, les autres enfants tournent autour de lui. Un  joueur touché doit s’immobiliser. Il appartient au chasseur de le reconnaître  … Jeu d’enfant … jeux innocents. Chez le roi, de belles dames et de jolis monsieurs ont détourné les règles de ce jeu, pour en faire un amusement, prélude à des ebats bien plus … torrides. Je vois très bien le sieur BERGHEAUD s’adonner à de tels ébats en galante compagnie …

            Jeu de mains … jeu de vilains ….

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***

Extrait de « Colin Maillard » (Mockba/2005).

(…)

« Parfum féminin que tu es

Monsieur VENUS  veut savoir,

veut le lys au fond de la vallée ».

(…)

  • Venus : Nous voici en plaine partouze. Vénus étant l’équivalent d’Ermaphrodite dans la civilisation Romaine. Dans ce texte on ne sait plus qui est qui …

Sous ce drapé …. de quoi perdre la tête  …

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***

Extraits de « Et le désert avance … » (Mockba/2005).

(…)

« Retourne à la froide izba

Au gruau de sarrazin.

Retourne à ta troïka,

Les yeux clos sur tes péchés ».

(…)

  • Izba : Maison de campagne traditionnelle Russe, en bois rond provenant du sapin.

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  • Troïka : grand traîneau tiré par un attelage de trois chevaux. Au figuré il s’agit d’une alliance de trois personnalités. Dans le cas d’espèce, MURAT parle du 1er assemblage.

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***

Extraits de « Foulard rouge » (Mockba/2005).

 

(…)

« A qui ce rouge foulard on se dit

Quand s’envole l’oriflamme à minuit.

Nous n’avons pas vu venir l’astre qui nous fait souffrir

Qu’on en dit dans nos chansons,

Pauvre con« .

(…)

« 

  • Oriflamme : Petit étendard en forme de flamme fait d’un tissu de soie de couleur rouge orange, sans broderie, ni figure, fendu par le bas de trois pointes, orné de houppes de soie verte. 

Le premier oriflamme était originairement la bannière de l’abaye de Saint Denis. Les comtes de Vexin la portaient à la guerre. le Vexin annexé à la France, Louis VI est le 1er roi à le faire porter dans les armées royales. En 1248, Saint Louis prend l’oriflamme de St denis avant de partir en Egypte pour ce qui sera la 7ème croisade. Cet oriflamme a été déployé pour la dernière fois sur le drapeau de la France par Louis XI en 1465.

Aujour’hui, par extension, ce terme s’applique aux étendards et drapeaux …

 Oriflamme …

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L’écrivain Janine BOISSARD écrit : « Quand un homme pleure, des tas de mots comme force, fierté, virilité des chateaux forts avec terre et oriflammes s’effondrent ».

  • Con : Ce mot désigne à l’origine le sexe de la femme. Au sens figuré le « con » est un terme vulgaire employé comme une insulte. Il désigne une personne stupide, naïve ou désagréable. De là à penser que le « con » de la femme ait été assimilé à de la bêtise, il y a un pas … que je ne franchirai pas, pour la simple et bonne raison qu’en ce qui me concerne,  je pense tout le contraire.

Le terme « con » provient du latin « cunnus » qui veut dire femme.

Jusqu’aux débuts du XXème siècle, ce mot était considéré comme tabou et avait une connotation particulièrement vulgaire. C’est ainsi qu’on a pu dire des femmes révolutionnaires : « Les mégères révolutionnaires, qui pissent à con béant sur les cadavres des gens qu’elles ont égorgés ».

En 1928, Louis ARAGON fait publier clandestinement et sous un nom d’emprunt le « Con d’Irène ». Malicieusement, certains ont résumé la vie d’ARAGON par cette formule : « Du con d’Irène au Fou d’Elsa ».

Une formule populaire dit : « On est toujours le con de quelqu’un ». Peu à peu les poètes et chanteurs ont démystifié ce mot. BRASSENS chante : « J’avais l’air d’un con ma mère ». BREL lui emboîte le pas : « Etre beau, beau, beau et con à la fois ». MURAT  n’est pas en reste, utilisant ce mot à maintes reprises. 

***

Extrait de « La fille du capitaine » (Mockba/2005).

(…)

« J’aime la fille d’un capitaine

Qui contemple Moscou en feu.

L’étoile du nord guide ma peine,

M’enroule dans son crépon bleu ».

(….)

  • Crépon : Partie d’étoffe légère, faite de la plus fine laine. Il s’agit d’une étoffe frisée comme le crèpe mais plus épaisse.

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***

Extraits de   »La fille du capitaine » (Mockba/2005).

(…)

« J’aime la fille d’un capitaine

Et je pense au malheureux MUSSET

Devant son orgueil de reine.

Je cherche mon luth étoilé

Car l’amour nous tient si fort

Dans le regret ».

(…)

  • MUSSET : Fait partie de ces poètes maudits qui n’ont pas été reconnus à hauteur de leur talent, leur vie durant.  Dépressif et alcoolique au delà de 30 ans, il meurt à 46 ans dans l’indifférence générale. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise. Il aura connu une vie amoureuse tourmentée avec la belle George SAND. Tout au long de ses vers on sent poindre une expression sincère de la douleur.

 Alfred MUSSET (1810 – 1857)

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En 1843, soit trois ans avant de mourir, Alfred MUSSET  écrit : « Et n’oublie pas ceci : c’est que souvent l’amour meurt parce que l’on ne fait pas, pour le conserver, tout ce qu’on avait fait pour l’inspirer ».

Le 10 mai 1834, il adresse à George SAND ces mots : « Je meurs, d’amour, d’un amour sans fin, sans nom, insensé, désespéré, perdu ! ».

Rien plus ne résume le romantisme de son oeuvre, à nul autre pareil, que le poème qui suit :

Tristesse

« J’ai perdu ma force et ma vie,

Et mes amis et ma gaieté;

J’ai perdu jusqu’à la fierté

Qui faisait croire à mon génie ».

« Quand j’ai connu la vérité,

J’ai cru que c’était une amie;

Quand je l’ai comprise et sentie,

J’en était déjà dégoûté ».

« Et pourtant elle est éternelle.

Et ceux qui se sont passés d’elle

La-bas ont tout ignoré ».

« Dieu parle, il faut qu’on lui réponde.

Le seul bien qui me reste au monde

Est d’avoir quelquefois pleuré ».

  • Luth : Il s’agit d’un instrument de musique à cordes pincées, tout de bois,  d’ébène et d’épicéa.  Les troubadours et trouvères s’en accompagnaient.

Un luthier dans son atelier … 1568 …

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***

« Extraits de « La fille du Capitaine » (Mockba).

(…)

« J’aime la fille d’un capitaine

Devant pareille beauté

L’esprit demande à GRAFFENBERG

Est-ce que Morphée va passer ? ».

(…)

  • GRAFFENBERG : Ernst GRÄFFENBERG est né le 26 septembre 1889  en Allemagne. Médecin et chercheur, il est connu pour ses travaux en gynécologie. C’est d’après son nom que Franck ADDIEGO invente le « Point G » en 1981. GRÄFFENBERG fut en effet le 1er sexologue à considérer la sensibilité érotique de cette zone de l’intimité féminine.  Nous sommes en 1950, le chercheur note dans ses cahiers le comportement déviant de certaines patientes qui s’introduisaient des aiguilles à chapeau dans l’urètre pour se procurer des orgasmes.
  • Morphée : Dans la mythologie Grecque, « Morphée » est le Dieu des rêves prophétiques. Il est le fils d’Hypnos (le sommeil) et de Nyx (la nuit). Il a pour vocation d’endormir les mortels. Le mot morphine  y trouve son origine.

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 Ce tableau se trouve au musée de l’Hermitage à St Pétersbourg. Iris est la messagère des Dieux et principalement d’Hera. Dans l’Illiade d’Homère  elle est la messagère de tous les Dieux éternels.

***

 Extrait de « La fille du Capitaine » (Mockba/2005)

(…)

« J’aime la fille d’un capitaine

Et je dors dans un buisson de clous.

Je pense à cet antre vermeil

Ou l’art n’a jamais pénétré ».

(…)

  • Antre : Du latin « antrum » qui signifie grotte dans laquelle peut vivre un animal sauvage. Selon l’animal il s’agit d’un gîte, d’une tanière, d’un terrier ou d’un repaire. Par antre on entend également une excavation, un trou, un orifice. La phrase qui suit est extraite du « Marquis de Sade » : « Il est un antre obscur où vont s’isoler les amours pour nous séduire avec plus d’énergie ».

***

Extrait de « La fille du capitaine » (Mockba/2005).

(…)

« J’aime la fille d’un capitaine

Face à la nuit blanche du dehors,

Désir que la pudeur réfrène,

Se transforme en pulsion de mort ».

(…)

  • Réfrène : Retenir, contenir, mettre un frein. Voici ce que dit André GIDE  : »Par instants j’ai envie de me plaindre. J’arrive par orgueil, à réfréner cette envie ».

***

Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…)

« Oui, vaut mieux chien enragé

Que chaud soleil en Janvier.

Fin Janvier moitié grenier, moitié fenier.

Si le ciel vient à gronder

Récoltes en quantité ».

(…)

  • Fenier : Désigne une grande meule de foin dans le département de la Drôme (Référence « Le Littré »). Plus généralement ce terme concerne ce qui a rapport avec le foin.

***

Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…)

« Février débute en lion

Mais finit comme un mouton.

Février de tous les mois,

Le plus matois« .

(…)

  • Matois : Se dit de quelqu’un qui est rusé sans le laisser paraître. A pour synonyme : finaud et madré.  C’est l’Abbé Mathurin REGNIER  qui écrit : « Souvent le plus matois ne passe que pour dupe ».  

***

Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…)

« Fleur marsière

Ne tient guère ».

(…)

  • Marsière : Qui se rapporte au mois de Mars. Un diction dit : « Malgré le mauvais temps, Mars prépare en secret le printemps ».

***

Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…)

« Pluie et froid viennent

Rendre l’An

Tout grincheux« .

(…)

  • Grincheux : D’un caractère exécrable, qui trouve à redire à tout. Personne acariatre, invivable. On dit ronchon … Lamia ZNAGUI écrit : « Apprenez aux grincheux à sourire et aux peureux à agir, le plus grand défi à réussir est d’aller contre nos habitudes ».

***

Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…)

« Si au jour d’Annonciation

Hirondelles; belles saisons ».

(…)

  • Annonciation : C’est l’annonce faite à Marie de sa maternité divine par l’archange Gabriel. Cette fête est célébrée le 25 mars.

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Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…)

« La Toussaint venue

Rentre donc la charrue ».

(…)

  • Toussaint : Fête catholique célébrée le 1er novembre de chaque année. L’église honore tous les saints. Cette fête précède d’un jour celle des morts.

La fête de la Toussaint est instituée en 610 à Rome par le pape Boniface IV.  Ce n’est qu’à partir du IXème siècle que cette fête est célébrée dans toute l’Europe à la date du 1er novembre.

Jadis, lors de la période de la Toussaint, toute la famille paysanne, y compris les enfants était rasemblée pour ramasser manuellement la pomme de terre. De nombreux enfants manquaient l’école, d’ou l’instauration progressive de vacances de la Toussaint appelées « vacances patates ».

Au Moyen Âge, on pensait que les morts pouvaient revenir dans la nuit du 31 octobre et que la seule façon de les en empêcher était de faire sonner le glas. Cette habitude a été conservée en certains endroits.

***

Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…)

« Dis Valentin est-ce que

Le printemps revient ? ».

(….)

  • Saint Valentin : Le 14 février est considéré dans de nombreux pays comme la fête des amoureux et de l’amitié. Parmi les Saints nommés Valentin il y a : Valentin de Rome prêtre martyr et Valentin de Terni évêque. Tous deux ont été suppliciés dans la seconde moitié du IIIème siècle et entrerrés via Flaminia.

***

Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005)

(…)

« Triste jour de Saint Médard« 

(…)

  • Médard : Il s’agit entre autre du patron des agriculteurs et des viticulteurs. Né en 456 à Salency (Picardie) il meurt en 545 à Noyon.

La saint Médard se fête le 8 juin.

Statue de Saint Médard …

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***

Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…)

« A la Saint Germain

Il nous pleuvra du vin ».

(…)

  • Saint Germain : Se célèbre le 28 mai.

***

 Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…)

« Hirondelles à Saint Michel,

L’hiver vient après Noël ».

(…)

  • Saint Michel : Se fête le 29 septembre. Cette date correspond à la date où les fermiers et métayers payaient leurs fermages après la récolte. C’est également la date d’expiration traditionnelle des baux ruraux, d’ou l’expression : « A la Saint michel tout le monde déménage ! ». St Michel est le patron des tonneliers.

***

Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…) 

« Eté de la Saint Martin

Dure trois jours et un brin ».

(…)

  • Saint Martin : Martin est né en 316 de notre ère dans l’actuelle Hongrie alors sous domination Romaine. Militaire, il troque l’armure contre la robe en 356. Il est nommé évêque de Tours en 371. Il décède en 397. Ses funérailles ont lieu un 11 décembre (date anniversaire). Bizarrerie ???  Le 4 juillet on fête également la St Martin d’été … celle-la même chantée par MURAT.  MARTIN était connu pour sa bonté.

Partage du manteau église St Gatien Tours …

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***

Extrait de « L’almanach amoureux » (Mockba/2005).

(…)

« Neige de la Saint André

Pourrait 100 jours durer ».

(…)

  • Saint André : André, apôtre du Christ et martyre (+62) vit de la pêche comme son frère Simon Pierre. C’est un Galiléen de Bethsaïde, ville située sur les bords du Lac de Tibériade. Premier apôtre à suivre Jésus il fut supplicié sur une croix spéciale puisque les croisements transversaux étaient inclinés, d’ou l’appellation de « Croix de St André ». 

La saint André se fête le 30 novembre.

Saint André et sa croix …

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***

Extrait de « L’amour et les Etats-Unis » (Mockba/2005).

 

(…)

« J’aimais en elle la terre humide,

La marjolaine et remonter le Nil ».

(…)

  • La marjolaine : Egalement appelée « origan des jardins », la marjolaine est une plante annuelle de la famille des lamiacées. Elle donne des petites fleurs blanches ou mauves. Elle est originaire des pays du Sud (Chypre et Turquie). Elle est cultivée dans toute l’Europe. Elle a pour ennemi un papillon de nuit (hétérocène) qui s’en nourrit.

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Le poète Robert DESNOS nous chante admirablement cette fleur  …

« La  marjolaine et la verveine

La marjoveine et la verlaine

La verjolaine et la marveine

Chez Catherine ma marraine

On fait son lit de marjolaine

et de Vervaine »

***

Extrait de « L’amour et les Etats-Unis » (Mockba/2005).

(…)

« Le monde est grand

De bonheurs illusoires« .

(…)

  • Illusoire : Qui fait illusion, qui est trompeur, chimérique, utopique.

- « Quoi de plus illusoire que la vengeance »  (Jean LEMIEUX).

- « Si tout est illusion, nos illusions sont illusoires » (Alain PONTANT).

- « La jeunesse nous fait dire et penser bien des choses illusoires » (Pierre DAGENAIS).

***

Extrait de « Oh my love ! » (Mockba/2005).

(…)

« Oh my love

Je ne chante qu’une chose

Oh my love

Vive la petite mort« .

(…)

  • La petite mort : L’origine de cette expression remonte au XVIème siècle, à l’époque d’Ambroise PARE. Ce médecin a tout appris de l’anatomie humaine et de la chirurgie sur le tas.  En effet, son savoir,  il le tient de l’observation des cadavres à l’Hôtel Dieu ou des blessés encore vivant sur les champs de bataille. La petite mort correspond à l’orgasme qu’il soit masculin ou féminin. Cet « avanouissement » court est assimilable à une « petite mort » contrairement à la grande, la vrais qui nous conduit à l’Eternel ou aux enfers.

***

Extrait de « Winter » (Mockba/2005).

(…)

« A toi qui kiffe

Cristallisée

L’ombre du monde ».

(…)

  • Kiffe : Le mot « kiffe » est une déformation de l’Arabe « kef » employé en Palestine qui veut dire « plaisir ». Les Maghrébins (Maroc/Algérie/Tunisie) ont déformé le mot en « kiff », qui avec les immigrés est entré dans le vocabulaire Français. Le mot « kiffer » signifie donc « aimer ». MURAT emploie à son tour ce mot apanage des adolescents. 

***

Extrait de « Winter » (Mockba/2005).

(…)

« Winter quel émoi« .

(…)

  • Emoi : Trouble des sens, agitation.

C’est Stéphane MALLARME  qui écrit : « Triste fleur qui croit seule et n’a pas d’autre émoi que son ombre dans l’eau vue avec atonie ».

***

Extrait de « Winter » (Mockba/2005).

(…)

« Quelle est la tare

Reste poli ».

(…)

  • Tare : Défaut physique ou psychique généralement héréditaire.

***

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Extrait de « A bird on a poire » (2004).

« Amoureux,  bien

Amour de vaurien

Ouvre mon coeur

Au monde enchanté ».

(….)

  • Vaurien : Il s’agit d’un voyou ou d’un chenapan.

Un proverbe du Québec dit : « Un héros aujourd’hui, un vaurien demain ».

Les « Têtes raides » chantent : « Y’a pas de pays pour les vaurien, les poètes et les balladins »

***

Extraits  de « A bird on a poire » (2004).

(…)

« Harponneur …. âne bâté

Indigenttrublion« .

(…)

  • Âne bâté :  Se dit d’un individu stupide ou ignorant, un lourdaud.

Molière  s’écrie : « Diantre soit de l’âne bâté ! « .

Un proverbe dit : « L’âne du commun est toujours le plus mal bâté »  c’est à dire que les affaires d’une communauté sont plus mal faites que celles d’un particulier.

***

  • Indigent : Qui est très pauvre, nécessiteux, misérable, sans le sou. Pascal BRUCKNER  écrit fort justement : « Dans l’indigent on ne perçoit que l’indigence, pas l’homme ».

 ***

  • Trublion : Ce terme  a pour synonymes : agitateur, importun, perturbateur, provocateur, révolutionnaire.  Il s’agit d’une personne qui met le désordre. Ce mot a été inventé par Anatole FRANCE pour désigner les nationalistes monarchistes dans l’affaire Dreyfus. Anatole FRANCE  emprunte au Grec « troublion »qui veut dire « écuelle » pour se gausser de Philipe d’Orléans prétendant au trône de France. Nous sommes en 1889, Philippe d’Orléans en exil, veut rentrer en France pour y effectuer son service militaire comme tous les Français et ainsi partager la « gamelle » du soldat. Il est arrêté, emprisonné puis expulsé. Devant les vociférations des Royalistes, Anatole FRANCE  pour se moquer de ce prétendant, forge donc le mot « trublion »  …

***

Extrait de « French kissing » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Est-ce écriture affectée ?

Crime à petites lampées ? ».

(…)

  • Affectée : Se dit d’une personne qui est touchée par une émotion. 

BOILEAU écrit : « L’ignorance vaut mieux qu’un savoir affecté ».  En ce cas le mot prend le sens de « feint ».

Jean COCTEAU rejoint le sens prôné par MURAT  lorsqu’il dit : « Qui s’affecte d’une insulte, s’infecte ».

  • Lampées :Il s’agit d’une grande quantité de boisson qu’on ingurgite d’un coup.

***

 

Extrait de « French kissing » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Par nos présences emportées

C’est le désir auréolé« .

(…)

  • Auréolé : Comme souvent dans la langue Française, le mot a plusieurs sens.

1- Qui est entouré d’un cercle d’amis, d’initiés.

2- Qui est plein de prestige, glorifié.

Anatole FRANCE dont l’écriture est magnifique a ces mots : « Qu’ils sont beaux les mots auréolés par le souvenir de leur long usage ».

***

Extrait de « Gagner l’aéroport » (A bird on a poire/2004).

(…)

« A la moindre alerte bleue

Pour un peu, une brindille, un lapsus, une ortie

Loin de son quartier nord

Chacun veut gagner l’aéroport ».

(….)

  • Lapsus : Du latin « lapsus » soit une action de trébucher, une erreur commise en parlant (lapsus linguae), en écrivant (lappsus calami), par la mémoire (lapsus memoriae), ou par les gestes (lapsus gestuel ou manus) et qui consiste à exprimer autre chose que ce qu’il avait prévu d’exprimer, notamment en substituant à un terme attendu un autre mot.

FREUD voit dans le lapsus l’émergence de désirs inconscients. On dit même d’un lapsus qu’il est révélateur.

***

(…)

« Chacun tremble au bruit de ce chuchotis

Cherche un passage à claire-voie.

Pour du lu pour un fa pour un do pour un ris

Chacun silencieux guerroie

Dézippé, traversant des salons endormis ».

(…)

  • Chuchotis : Chuchotement léger, gazouillis, murmure. Il peut également s’agir de confidences, ou de bavardage effectué à voix basse. Chuchoter c’est parler bas en remuant à peine les lèvres. On chuchote à l’oreille de quelqu’un.
  • Claire-voie : Ouvrage composé d’éléments qui laissent passer le jour : fenêtre, balustrade, paroi ajourée, baie, arcature …
  • Guerroie : passer son temps à faire la guerre.
  • Dézippé : décompacter, extraire des données.

***

Extrait de « Gagner l’aéroport » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Chacun tapant sur sa cloche d‘airain

Murmure les temps ont changé ».

(…)

  • Airain : Alliage de cuivre et d’étain plus sonore et plus fusible que le cuivre. On dit « Un coeur d’airin » (Impitoyable) – « Un mur d’airain (barrière infranchissable) – « Un siècle d’airain » (Des temps calamiteux) – « Un front d’airain » (Sans pudeur, qui ne rougit jamais).

Un proverbe Français dit : « Les injures s’écrivent sur l’airain et les bienfaits sur le sable, on se souvient des unes, on oublie les autres ».

Statue de RODIN  « l’âge d’ airain » … 

rodin-airain-235x300

***

 

Extrait de « L’anéantissement d’un coeur » (A bird on a poire).

 (…)

« J’allais alors faire le tour du centre ville

Nos gémissements manquaient trop de franchise ».

(…)

  • Gémissement : Il s’agit d’une plainte faible et inarticulée. Au titre des synonymes : lamentation et jérémiade.

Le journaliste George Armand MASSON  écrit : « Le gémissement est un cri plaintif que poussent les hommes quand ils souffrent et les femmes quand elles ont du plaisir ».  Le sus-nommé s’exlame : « Quand une femme se tait, c’est qu’elle va dire quelque chose ».

***

Extrait de « L’anéantissement d’un coeur » (A bird on a poire/2004).

(…)

« On dirait l’anéantissement d’un coeur

Fini d’implorer gouttes d’amour de bonheur ».

(…)

  • Anéantissement : Détruire ou faire rentrer dans le néant.

Ces mots sont de DIDEROT  : « Tout s »anéantit, tout périt, tout passe, il n’y a que le monde qui reste, il n’ y a que le temps qui dure ». Quant au cinéaste Ingmar BERGMAN il est plus pessimiste encore lorsqu’il dit : « On naît sans but, on vit sans comprendre, on meurt anéanti ».

  • Implorer : C’est demander avec insistance et humilité.

Ken FOLLETT écrit : « Implorer Dieu, ce n’est pas mendier, c’est prier ».

***

Extrait de « Le temps qu’il ferait » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Quelle était la conversation ?

Quid de l’aimable attention ?

Dieu vous voilà tant effronté« 

Venez en enfin au sujet ! ».

(…)

  • Quid : Adverbe utilisé pour s’interroger. D’origine latine ce mot veut dire « Quoi ? »  ou également « Qu’en est-il ? ».
  • Effronté : Qui n’a honte de rien, est hardi, insolent. Au titre des synonymes on trouve : culotté, déluré, sans-gêne …

Un proverbe Irlandais dit : « Chat timide fait souris effrontée ».

***

Extrait de « Mashpotétisés » (A bird on a poire/2004).

(…)

« On passerait son temps à maronner« 

(…)

  • Maronner : attendre en rageant ou exprimer son mécontentement en rageant.  A pour synonymes : bisquer, bougonner, groger, grommeler …

***

Extrait de  »Monsieur craindrait les demoiselles » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Monsieur craindrait les éclaboussures »

(…)

  • Eclaboussure : Liquide ou boue qui rejaillit sur quelqu’un. Contraction de trois mots : « éclat » « boue » «  »sur » … une personne ou une chose. Celà peut être également un coup atteignant fortuitement une personne se trouvant trop près d’une bagarre à laquelle elle ne participe pas. En dernier lieu, il peut s’agir d’une tache faite à la réputation, à l’honneur. 

***

Extrait de « Monsieur craindrait les demoiselles » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Monsieur craindrait les salissures

A peur d’être oh ! maculé d’amour »

(…)

  • Salissure :  Une souillure, une tache qui rend une chose sale.

Georges POMPIDOU a déclaré : « Celui qui accepte les inconvénients de la politique, ses servitudes, ses responsabilités, ses salissures, et parfois ses risques, le fait pour agir, pour imprimer sa marque aux évènements, en un mot pour gouverner ».

  • Maculé : Sale, sali, souillé.

 

***

Extrait de « Monsieur craindrait les demoiselles » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Mon pauvre ami, vous bandez trop »

(…)

  • Bandez : Avoir une érection.

La Comtesse De Ségur a eu ces mots : « Bander c’est bien … Baiser c’est mieux ».

***

Extrait de « Monsieur craindrait les demoiselles » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Ainsi, Monsieur prendrait à la sauvette« 

(…)

  • Sauvette : Faire à la hâte, sans se faire remarquer.  S’agissant de l’acte sexuel, MURAT se moque de « ces hommes » qui,  rendant hommage à leur dame, le font sans  y apporter tous les soins nécessaires. A la « va vite » sans se soucier des « travaux préliminaires ». En ne cherchant qu’à assouvir leur seul plaisir et désir de mâle. Pour MURAT on sait que le plaisir de « l’autre » est primordial …

***

Extraits de « Petite luge » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Voudrais-tu chanter

Moine babillard

Faire l’éloge de la folie ?

Le petit grain d’encens

sur le cochon ».

(…)

  • Babillard : Qualifie un oiseau parleur … « une pie babillarde ». De celui qui aime babiller on dit : « un franc babillard ». Il s’agit également d’un bavard, d’une personne qui ne saurait garder un secret.

Voltaire à écrit : « Un historien est un babillard qui fait des tracasseries aux morts ».

  • Encens : Appelé aussi « oliban ». Est une résine aromatique dont l’arbre est originaire d’Oman.

Dans une fable Jean-Pierre FLORIAN écrit : « Que ne fait-on passer avec un peu d’encens ? » Georges Louis Leclerc De Buffon a cette phrase : « Entre eux, les gens de lettre se suffoquent d’encens ou s’inondent de fiel ».

***

Extrait de « Tu n’auras pas le temps » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Tu n’auras pas le temps de marivauder« .

(…)

  • Marivauder : Du nom de Pierre Carlet de Chamblain de MARIVAUX. Ce verbe désigne une personne tenant tient des propos qui, en matière d’amour,  rappellent le raffinement et la subtilité des personnages de MARIVAUX. Ce sont des propos galants et d’une grande finesse pour séduire les femmes.

                                  MARIVAUX …

Marivaux1

***

Extrait de « Tu n’auras pas le temps » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Tu n’auras pas le temps de te raviser« .

(…)

  • Raviser : Changer d’opinion.

***

Extrait de « Une orgie de sainteté » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Je vis les plaisirs les plus sublimes,

Une orgie de sainteté ».

(…) 

  • Orgie : L’éthymologie se réfère  aux fêtes organisées dans la Grèce Antique en l’honneur de Dionysos. Ce n’est qu’à partir du 17ème siècle que le mot recouvre une connotation sexuelle. Le terme est également employé pour donner une image de profusion ou d’excès. De nos jours l’orgie est le plus souvent assimilée à la débauche.

L’écrivain Claude TILLIER écrit : « Les valets applaudissent toujours aux orgies des maîtres quand ceux-ci laissent du vin dans les bouteilles ».

***

Extrait de « Une orgie de sainteté » (A bird on a poire/2004).

(…)

« Toujours comme si vous veniez d’entrer

Votre joie me mordille le coeur ».

(…)

  • Mordille : Mordre légèrement à plusieurs reprises. Un chien mordille.

BAUDELAIRE écrit : « Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs ».

***

La suite …

http://didierlebras2.unblog.fr/2-dictionnaire-muratien-les-mots-rares-ou-dusage-peu-courant-les-mots-oublies-2eme-partie/

 

Commentaires

  1. Muse dit :

    Alors on s’enflamme, Didier? ;-) )
    Si tu es amateur de corsets, il existe une revue sympa en kiosque qui n’était pendant un moment plus diffusée en France mais qui revient depuis quelques mois: Marquis Magazine. Tous les numéros ne sont pas forcément intéressants et jolis mais tu en as qui sont magnifiques avec des photographies…qui ne laissent pas indifférent(e).
    Les corsets d’autrefois étaient de vrais engins de torture pour les femmes: il leur comprimait et leur abîmait la cage thoracique, les empêchait de respirer normalement, leur déformait le corps.
    Beaucoup de jeunes femmes le portaient jour et nuit. Un enfer…

    Aujourd’hui ça n’est plus qu’un accessoire érotique temporaire beaucoup plus confortable, même pour l’article imitant le corset ancien.

  2. didierlebras dit :

    Muse,
    Je trouve beaucoup de charme à ces ustensiles … Je conçois que celà soit très peu pratique.

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

  3. Armelle dit :

    je pense Didier, que pour chacun de ces mots, il te faudrait systématiquement y adjoindre le ou les titres des chansons, et comme tu l’as fait pour certains, le re-situer dans le contexte de la phrase chantée…
    je te suggère les mots « gourbi », « idéaux », « vassal » …

    j’aime bien les couleurs que tu as choisies pour ce nouveau blog et puis quel courage de t’attaquer à un travail aussi complexe!

  4. didierlebras dit :

    Chère Armelle,
    Je t’embrasse et te remercie de ton idée. Après coup j’y avais pensé. Puis j’ai eu la flemme. Mais l’idée est excellente, je l’adopte et fait le nécessaire rapidement. Gourbi … comment j’ai pu oublier ça ??? Idéaux j’ai failli … vassal … j’ai omis !!!
    Merci 1000 fois de ton amitié.
    Didier.

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  5. didierlebras dit :

    Salut Armelle,
    Gourbi et Vassal tu n’as pas trouvé ça dans « LCODC » ???
    Merci …

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  6. Armelle dit :

    Coucou Didier,

    heureuse de revenir faire un tour ici et de voir que mon idée a fait son chemin… c’est vraiment bien ce que tu en a fait!

    pour « gourbi » c’est bien sur dans « Les Rouges Souliers » sur l’album à venir (donc 2011):
    « S’éloigne le canoë
    De notre gourbi privé
    Dans la maison de l’âme
    Quel visage pâle, pâle »

    quand à « vassal », il faut remonter à 1993 avec l’album « Vénus » sur le titre « Montagne » :
    « Je ne crains pas
    D’engager la bataille
    Je n’oublie pas
    Que je suis de François
    Le vassal »

    Voila Didier, je viens de comprendre que tu vas en fait choisir les mots dans l’ordre décroissant des albums, ce qui te donne le temps pour arriver à VENUS! Rajouteras-tu GRAND LIÈVRE avant LE COURS ORDINAIRE DES CHOSES?
    bon courage cher ami et merci aussi à toi.

  7. didierlebras dit :

    Merci Armelle.
    Oui je vais aller dans l’ordre décroissant. Il est fort probable en effet que je m’attelle au « Grand Lièvre » dès sa sortie, ainsi je pourrai remonter dans le temps.
    Salut ma grande.

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

  8. Armelle dit :

    en état prémonitoire peut-être le 13 septembre, mais je ne pensais pas que « vassal » rejoindrait « gourbis » sur ce Grand Lièvre…
    pour « foutez » dans tes exemples tu n’as pas pensé à rapporter tout simplement la célèbre et sempiternelle question que se pose Jean-Louis « Mais qu’est-ce que je fous là?! ».
    ton dernier mot, « jouir », est resté sans définition mais je ne me permettrai pas d’en faire un jeu de mots ;-)
    sacré boulot! à bientôt Didier…

  9. didierlebras dit :

    Mais qu’est-ce que je fous là ??? C’est « foutu » …
    Le vocabulaire de MURAT est tellement riche … le choix des mots n’est pas toujours facile. Merci à toi ma lectrice …
    Je t’embrasse Armelle.

    Dernière publication sur  : Jean-Louis MURAT ... il aime ... il n'aime pas ...

  10. Armelle R.G. dit :

    je voulais t’indiquer depuis longtemps qu’il y a eu erreur de frappe sur le livret du cd « Grand Lièvre » pour l’un des mots que tu as choisis d’expliquer, à savoir « les vaches sous la pluie ‘prudemment’ descendaient » (c’est bien ainsi que Jean-Louis le prononce d’ailleurs) et non pas « prudement » que tu as relevé tel qu’écrit sur le livret et défini dans le sens de cette orthographe là, ce qui n’a pas la même signification : en effet, les vaches sont prudentes lorsqu’elles descendent sous la pluie… alors que les femmes sont prudes ou du moins l’étaient autrefois!
    mes amitiés Didier

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